Etre le fils d'
Henri Queffélec, écrivain exigeant et reconnu, couronné par une multitude de prix, pourrait étouffer la vocation littéraire de n'importe quel enfant. Et cela a bien failli être le cas pour Yann Queffélec, qui commence à écrire dès l'âge de sept ans, mais sans jamais trouver grâce aux yeux de son père.
D'abord, il met de côté son désir, et, Breton avant tout, choisit la mer et la navigation. Mais le destin le rattrape en 1978, et il a les traits de Françoise Verny. Quand ils se croisent sur l'île de Ré, elle n'hésite pas une seconde : « Tu as une tête d'écrivain, toi ! Tu vas l'écrire un livre », et ce que Françoise décide, Françoise l'obtient.
Yann Queffélec écrit à nouveau, et publie une biographie de
Béla Bartok en 1981. Il faut attendre 1985 et
Les Noces barbares pour que sa plume soit reconnue et aimée à sa juste valeur. L’histoire aussi âpre que lyrique sur l'enfant d'un viol que sa mère abhorre et enferme, le récit de cet amour contrarié et presque impossible séduit le jury du
prix Goncourt, qui lui est décerné. L'auteur, depuis, écrit sans cesse.
La critique n'est pas toujours tendre (on se souvient d'
Angelo Rinaldi qualifiant
Les Noces Barbares de « roman dont même la Pensée universelle n'aurait pas voulu ») et lui même reconnaît que l'après-Goncourt a été difficile à négocier (« je m'étais rendu très agaçant », euphémise-t-il...). Mais il publie néanmoins, souvent avec succès, et s'essaie parfois à d'autres genres, notamment en écrivant les paroles d'un album de Pierre Bachelet.