On cite parmi les principales sources d’inspiration du
Roméo et Juliette shakespearien un conte de Masuccio Salernitano, ainsi que du long poème d’Arthur Brooke,
The tragical history of Romeus and Juliet.
Cette pièce est l’une des plus récente du corpus de
William Shakespeare. On pourrait la considérer comme une tragédie (selon d’autres canons que les règles très strictes de la tragédie française), mais force est de constater qu’elle fait pâle figure en tant que telle face à des œuvres telles que
Hamlet ou
Macbeth, d’authentiques tragédies shakespeariennes.
Il n’en reste pas moins que cette pièce a ému et touché dès ses débuts. La question du consentement des parents dans le mariage de leurs enfants était alors au cœur des débats, et si l’Eglise catholique romain s’était prononcé contre, le protestantisme en était un ardent défenseur : l’Angleterre et l’Espagne étaient, à l’époque, les seuls pays à permettre le mariage sans accord parental.
Cette question est l’un des nombreux motifs illustrant dans la pièce le conflit entre la passion amoureuse de deux jeunes gens auxquels le spectateur est obligeamment amené à s’identifier, et les règles familiales qui s’opposent à leur union. La fin dramatique des deux amants rend plus vive encore l’impression laissée chez le lecteur et le spectateur. Incarnations de l’amour absolu, dans la vie comme dans la mort, à l’instar de
Tristan et Yseult, « Roméo et Juliette a marqué les esprits à travers les siècles, et inspiré jusqu’à aujourd’hui un nombre impressionnant d’interprétations et d’adaptations.