Candide ou l'Optimisme de Voltaire



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Conte philosophique grinçant et ironique, comme Voltaire aimait à en composer, « Candide » se veut essentiellement une critique d’une éventuelle interprétation du providentialisme de Leibniz (caricaturé plus que résumé par le « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » de Pangloss). Voltaire met en effet en scène une accumulation abominable des atrocités commises en ce monde, infligeant même à ses personnages une série de sévices que l’on croit sans fin.
Contrepoint de ce vaste spectacle des monstruosités du monde, l’épisode de l’Eldorado représente une véritable utopie, s’inscrivant dans une grande et ancienne tradition littéraire. Là, cause de nombreux malheurs, l’or y est si abondant qu’il n’a plus de réelle valeur.
« Candide » peut être également considéré comme un roman d’apprentissage, celui du personnage principal qui lui donne son titre. En effet, au début de l’ouvrage, Candide, naïf et inexpérimenté, se range totalement du côté de Pangloss. La somme des déconvenues qu’il souffrira durant toute l’histoire lui fera changer tout naturellement d’avis. Ce n’est pas, en fin de compte, d’un philosophe qu’il apprendra la sagesse, mais de sa propre expérience, et des paroles d’un Turc, qui lui dit que le travail « éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice, et le besoin ». Pangloss, lui, n’est pas changé par ses expériences désagréables, et dans les dernières lignes du livre, tente de prouver à Candide que tout est bien. Candide, enfin sage, le complimente simplement sur la beauté formelle de son raisonnement, et insiste sur la nécessité de cultiver leur jardin.
Le 24 janvier 2008