| . | Entretien avec Hannah Tinti |
| . | Entretien avec Simon Liberati |
| . | Entretien avec Colson Whitehead |
| . | Entretien avec Andrew Sean Greer |
| . | Entretien vidéo avec Marie Ndiaye |
| . | Les interviews Livres |
| . | Les Belles étrangères |
| . | Top des livres apocalyptiques |
| . | Berlin selon Jean-Yves Cendrey |
| . | Les écrivains à la télévision |
| . | 10 façons de faire vendre des livres |
| . | Articles Livres |

Le timing semble parfait pour la sortie de votre livre en France, avec la crise financière que vous évoquez. Certaines sections de votre livre se révèlent à cet égard prophétiques. Ecririez-vous le même roman aujourd'hui ? Pensez-vous que notre système économique ait atteint ses limites ?
La seule prédiction que je me risquerais à formuler, c'est qu'il y aura toujours des gens pour faire des prédictions. S'il fallait ne formuler qu'une critique à l'égard du modèle économique américain, c'est la façon irresponsable dont les autorités financières ont permis que le Glass-Steagall act de 1933 soit abrogé en 1999. Certains des reformes de la loi Glass-Steagal originelle était destinées à contrôler la spéculation en séparant l'investissement bancaire de l'investissement commercial et en empêchant les banques commerciales de se lancer dans des investissements spéculatifs. Abroger cette loi s'est révélé stupide et nous a conduit dans la situation où nous sommes : cela n'a fait qu'encourager le retour des banques aux activités spéculatives commerciale, et a conduit à des effets de levier excessifs. Ce à quoi nous pourrions assister maintenant, c'est à un retour à une sorte de séparation entre l'investissement commercial et l'investissement bancaire, ainsi qu'à un contrôle fédéral accru. Pour résumer, le modèle américain de marché libre a été sauvagement discrédité, et on ne peut qu'espérer que ses excès soient désormais sévèrement encadrés.
La leçon à tirer de tout cela est qu'il existe beaucoup plus d'événements inconnus et inattendus susceptibles de mettre à mal le système que nous voudraient le croire nos pseudo-experts. Une guerre, un mouton noir, une faillite soudaine : vous ne pouvez pas prévoir tout cela, pas plus que l'amour. Mes excuses à Nostradamus.
Votre roman a été comparé à certaines œuvres de Don DeLillo. Pour ma part, j'ai pensé à l'American Psycho de Bret Easton Ellis et de Glamorama. Qu'en pensez-vous ? Aviez-vous certains livres en têtes quand vous écriviez Das Kapital, ou vos influences étaient-elles purement idéologiques ?
Il se trouve que je n'ai lu ni American Psycho ni Glamorama. L'un de mes romans préférés de DeLillo est Les Noms, peut-être parce qu'il parle autant de l'archéologie en tant que discipline que de l'archéologie du langage, et qu'il se passe dans tellement d'endroits : le Liban, la Grèce, l'Inde. Les auteurs que j'aime s'intéressent au monde, pas seulement à l'Amérique. Ils sont nombreux : Durrenmatt, Pynchon, Paul Bowles, Paul Nizan, Carrère, Claude Simon, Georges Perec, Knut Hamsun, Ismail Kadare, Sebald, Roth, Orhan Pamuk, Nina Berberova (aucun lien familial), Jumpa Lahiri, J.R.R. Tolkien, Asimov, Zamyatin. De nombreux écrivains sont désormais suspendus entre de multiples géographies et cultures. J'aime aussi Groucho Marx, plus que Karl en fait.
A propos d'Alix, votre personnage féminin : j'ai l'impression qu'elle perçoit en Wayne quelque chose que le lecteur est incapable de discerner, en tout cas au début. Comment expliquez-vous qu'elle tombe amoureuse d'un type aussi étrange ?
Etes-vous en train de me dire qu'il est mal de tomber amoureux de quelqu'un d'étrange ? Il est toujours difficile d'expliquer pourquoi les gens s'éprennent les uns des autres. Aucune loi mathématique n'est en mesure d'expliquer ce phénomène. Comme le dit la citation d'Einstein au début de mon roman : « la gravitation ne peut quand même pas être responsable du fait que les gens tombent amoureux. » Cette formule en vaut une autre ; on ne parle pas de science ici.
Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Evoquer les projets en cours porte malheur. Disons seulement que mon prochain livre se déroule dans quatre pays différents, et qu'il y a un long trajet en bus. Comme pour mes deux romans précédents, celui-ci va demander une documentation abondante.
Propos recueillis par Fabrice Colin.
Photo : Viken Berberian ®Ara Oshagan
Sur Flu :
- Lire la chronique de Das Kapital
- La rentrée littéraire de janvier 2009
- Toute l'actu littéraire sur le blog livres
Sur le web :
Le site des éditions Gallmeister
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z