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L'île de Vatapuna, l'enfer ou le paradis ?
Vatapuna c'est une île tropicale et elle serait au large de l'Amérique latine. Mais une Amérique latine imaginaire et rêvée. Je n'aime pas trop les territoires du conte, de la légende : ça m'ennuierait en fait de positionner ça dans un univers totalement onirique. C'est pour ça que j'ai besoin que mon lieu, le lieu que j'invente, soit vraiment un lieu d'une cohérence absolue, dans le sens où j'ai envie qu'on est l'étrange impression que ça peut exister, que ça peut être là sur la carte quelque part cette petite île dans l'océan atlantique.
Je voulais que ça se passe dans un territoire tropical parce qu'il fallait que ce lieu soit un lieu étouffant, un lieu de pourriture, deliquescent. Il fallait ça pour que ces femmes aient à la fois envie de quitter ce lieu mais que ce soit difficile en même temps. Et je crois que je me sens à l'aise dans ce genre de climat, au fond.
Les femmes dont vous racontez l'histoire semblent soumises à une malédiction...
Il y a une fatalité féminine sur ces femmes là, mais comme il y a des fatalités familiales. Moi je trouve que c'est quelque chose qu'on voit souvent quand les gens vous racontent l'histoire de leur famille : il y a des mythologies familiales. Des gens racontent des histoires de leur grand-mère vous avez l'impression qu'on vous raconte un roman. Et moi j'avais envie comme ça d'une histoire de fatalités féminines et qui peut se modifier comme ça selon l'endroit où vous êtes historiquement.
Une tragédie en technicolor ?
Je pense qu'en fait mes livres ils sont assez graves sur ce qu'il raconte. Mais je ne sais pas raconter une histoire grave avec un ton grave. En fait j'ai besoin tout le temps d'une espèce de truc qui pirouette et qui en effet un certain type d'humour mais aussi un certain type de magique. Il faut que ce soit la Fée Clochette qui vous raconte une histoire de viol en fait.
Quelqu'un une fois m'a dit un truc très très drôle en parlant de ce texte-là en me disant C'est drôle quand on lit le texte c'est flamboyant on a l'impression d'être en technicolor et à la fin du texte on se dit c'est bizarre c'est comme si j'avais sucé un bonbon au caramel et à l'intérieur il y avait une tarantule vivante.
Exotisme versus nombrilisme ?
Ah non il n'y aucune posture là-dessus sur l'exotisme qui serait en face d'une littérature nombriliste parce que j'aime bien la littérature nombriliste aussi.
J'aime bien les superproductions mais j'aime bien aussi la littérature du presque rien. C'est juste que moi je ne sais pas le faire ou alors ça passe par ma moulinette à moi...
Il n'y a pas de je dans le texte, pas de narrateur en fait. Le seul narrateur qu'il pourrait y avoir ce serait moi et j'aime bien l'idée que j'étais là pour vous raconter cette histoire là. C'était un peu allez, « maintenant asseyez-vous tranquillement et je vais vous raconter la grande histoire de toutes ces femmes ».
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