Sept jours : Résumé
Leur mère vient de mourir. Réunis dans la Bastide familiale, quatre frères et soeurs, Louise, Laure, Matthieu et Xavier vont passer 7 jours ensemble, comme les 7 jours de la création du monde, le monde ici étant l'univers familial sans cesse à réinventer. 7 jours donc pour se partager les objets, les meubles et décider de l'avenir de cette maison familiale, 7 jours aussi où le passé familial et le présent de chacun vont se heurter souvent violemment, la mère n'étant plus là pour les rassembler et contenir leur antagonisme.
Pour raconter ce huis-clos familial,
Valentine Goby multiplie les points de vue de chacun car chacun affronte à sa façon la situation : Louise, photographe, la plus jeune, l'enfant adoptée d'origine asiatique, la rebelle, la seule à vouloir affronter ce qu'elle pense être la vérité, leur vérité qui n'est pas ce que montrait la paisible photo familiale trouvée dans le grenier, gentil leurre mis au point et entretenu par leur mère.
C'est par le regard de Louise que commence le récit, son regard souvent posé avec exaspération sur sa soeur Laure, l'aînée, qui s'évertue à faire perdurer ce qui ne peut plus être : une vie de famille harmonieuse et lisse ; Matthieu le rêveur, qui a créé une petite école de parapente, il entretient avec Louise des rapports étroits de complicité mais reste fuyant devant les décisions à prendre ; et Xavier, l'homme d'affaires déterminé, qui croit pouvoir tout posséder, objets et personnes, construisant méticuleusement et sans états d'âme apparents une stratégie pour un affrontement qu'il sait inéluctable. Un deuil a marqué leur enfance : la mort de leur père dont la nouvelle est parvenue un jour où leur mère étendait les draps blancs dans le jardin. Ces voiles blancs dont la vision hante régulièrement ce que toute la famille appelle les « absences » de Louise.
Les premiers jours sont assez neutres : c'est la phase d'observation, puis la tension monte un peu plus chaque jour et Valentine Goby fait avancer ce thriller familial, avec une précision sans pathos, l'émotion étant sans cesse déjouée par l'alternance du réalisme et des dialogues ? ce procédé n'est pas sans évoquer celui utilisé par Ivy Compton-Burnett, notamment dans « Une famille et son chef » (on y trouve le même effort désespéré des personnages pour se tromper eux-mêmes) ? et de rêveries intérieures. Un regard aigu est posé sur les êtres, les lieux (on retrouve la poésie due au rythme de la langue, qui était déjà là dans « La Note sensible »). Et puis, dans les derniers jours, grâce à des gestes infimes, une sorte d'équilibre inattendu, mais que l'on sait fragile, va clore le récit sur une note d'espoir. C'est un récit méticuleusement construit, équilibré, que Valentine Goby a su « troubler » par l'utilisation de définitions ou citations, placées en léger décalage par rapport aux personnages ou à l'action, et qui agissent comme autant de petits repères, de prolongements, de mise en surexposition du texte principal.
C'est aussi un récit juste – comme on le dit d'une note –, sensible, dont la force ne se montre pas : un récit tout en nuances, qui est moins là pour dénoncer les turpitudes de l'âme humaine que pour en montrer les méandres, les incertitudes et le retournement toujours possible de situations. C'est aussi, bien sûr, une réflexion ou plutôt une vision renouvelée de l'ordre familial.
« Comme ils sont beaux. Mes enfants.
Ils sont assis, tous les quatre, sur le muret. Immobiles. Silencieux. La maison dans le dos. En face, la mer.
Ils regardent loin devant. Et loin derrière ; un soupir, un...
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