Vente à la criée du lot 49 de Thomas Pynchon



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Point Seuil, Seuil  Année : 1987   Genre : Roman


Vente à la criée du lot 49 - Thomas Pynchon La critique de Pacôme Thiellement Roman d'investigation dense et complexe, Vente à la criée du lot 49 est aussi un texte où Thomas Pynchon confronte la connaissance humaine à ses propres biais, à ses propres limites. Ou comment une enquête criminelle entraîne son héroïne dans les ténèbres du doute infini. | lire la suite


Ecrire un roman, c’est décrire le monde. "A une lettre près", ajouterait Thomas Pynchon, dans un bref chuintement sarcastique, à la manière d’une télé qui s’éteint dans une chambre de motel.

Alors on peut s'amuser à mettre sur pieds la vie de quelques individus, par exemple l'héroïne magnifique de ce livre, Œdipa Maas, suivie d'une cohorte tourmentée de rockers, de piliers de bar, de clochards, d'ingénieurs au bord du suicide, de disc-jockeys, de commissaires-priseurs, de philatélistes et de psychiatres on peut aussi dériver à toute vitesse à l'horizontale, sur les autoroutes californiennes, en direction de San Narciso, via LA et San Francisco, où se passe toute l'histoire (Metzger, l'amant d'Œdipa, prétend que le paysage de la Californie ressemble à un circuit imprimé) ou encore plonger à la verticale, comme dans un lac, au fond des abîmes de l'Histoire, art subtil auquel excelle Pynchon qui en profite pour broyer du noir. On peut tout faire.
C'est pourquoi tout arrive à Œdipa, dès qu'elle apprend qu'elle est l'exécutrice testamentaire d'un de ses anciens amants, Pierce Inverarity. Ce qui aurait pu n'être qu'un bon moment à passer pour un avocat huppé se révèle vite une folle équipée pour Œdipa, perdue dans sa recherche du mystère «Tristero», mot surgi bizarrement dans un vers d'une pièce élisabéthaine, et dans une seule des nombreuses variantes du texte. En fait, «Tristero» désigne une dangereuse société secrète de paumés qui ont établi un réseau postal parallèle, sous une sorte de bannière (un petit dessin représentant un cor postal) et caché derrière le sigle WASTE (We Await Silent Tristero's Empire),le tout hérité d'un personnage historique, grand amateur de conspirations au XVIe siècle et qui aurait tenté par quatre fois d'assassiner le maître des postes du prince d'Orange.
On s'en douterait à moins : la paranoia guette, très froidement, nos personnages. Mais, quelques pages avant la scène finale où l'on vendra à la criée le fameux lot 49 (une collection de faux timbres WASTE dans l'héritage d'lnverarity), Œdipa se livre à un véritable inventaire lyrique du monde qui résonne étrangement comme la voix même de l'auteur : attentif au bruit des climats, au noir des imprimantes, à la rumeur de son écriture.






• Les news sur Thomas Pynchon

Klaxons : Danse avec ta tête
Difficile de passer à côté du...


Thomas Pynchon : Commentaire sur le commentaire du commentaire
Etonnant cet article lu chez nos confrères de Chronic'art sur...


La rentrée littéraire ou le marathon de l'écrivain
Un coup d'œil sur les titres de la presse qui couvrent...


La sélection des Prix Médicis 2008
Les sélections des prix littéraires qui seront remis cet automne...


Thomas Pynchon et l'esprit du temps
Avec Contre-Jour , son septième roman, Thomas Pynchon saisit le...


Prix Médicis : la nouvelle sélection
Le jury du Médicis a publié sa nouvelle et dernière sélection...


Le top des meilleurs livres de 2008 sur Flu
C'est devenu une vraie rengaine : avec ses deux rentrées...


Le top 5 des livres difficiles mais qu'on peut lire quand même
Sans doute vous est-il arrivé parfois de trouver que certains...


Ce qu'il faut savoir d'Inherent Vice, le nouveau Pynchon
Ça fait plusieurs semaines déjà que la critique anglo-saxonne en...


Le Nobel comme au Tiercé : Amos Oz grand favori des bookmakers
La saison des prix a démarré en France. Et à un niveau...


• Les livres de Thomas Pynchon



• Sur le forum livres

Cherche livres d'Alain Soralrecherche roman policierUn forum littérature jeunesse sur Fluctua....Recherche un dessinateur de fantasy joie et tristesse