" Quelque mauvaise que soit une cause, il y aura toujours bien un juge qui la trouvera bonne, soit par manie de contradiction, soit par amour de la nouveauté et du paradoxe, soit pour plaire au souverain."
Fils de juge, Thomas More sera lui-même juriste, après de brillantes études de droit. Également historien, philosophe et théologien, il choisit finalement de délaisser la vie de prêtre au profit de la politique. Il devient membre du Parlement à partir de 1504, mais sa résistance au roi Henri VII (au sujet de taxes que celui-ci exige pour la guerre d’Écosse) lui vaut son inimitié. L’avènement d’Henri VIII signe le début d’une importante carrière diplomatique. C’est lors d’une de ses missions aux Pays-bas, en 1516, que Thomas More écrit
L’Utopie (terme depuis lors passé dans le langage courant), description futuriste d’une société idéale qui inspire
Erasme pour son
Éloge de la folie, et Rabelais pour
Pantagruel et
Gargantua.
Il participe à la polémique contre les thèses de Luther puis, en 1529, il accède à la charge de chancelier du Royaume. Mais, fidèle à l’idée d’une chrétienté unie et, de fait, en profond désaccord avec Henri VIII sur la question religieuse, il démissionne dès 1532. Lorsqu’il refuse en 1534 de prêter serment au changement de constitution – acte qui reconnaîtrait la suprématie spirituelle du roi – Thomas More se voit conduit en prison, séjour durant lequel il rédige de nombreux traités. Jugé coupable d’hérésie et de trahison, il sera condamné à mort puis décapité le 6 juillet 1535 à Londres.
Souvent présenté comme l’une des plus grandes figures de la Renaissance anglaise, cet humaniste anglais a été béatifié en 1886, puis canonisé en 1935. Plus récemment, en l’an 2000, le pape Jean-Paul II l’a nommé patron des hommes politiques.