Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte de Thierry Jonquet



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Points  Année : 2007   Genre : Polar


La critique de flu | lire la suite


Département du 9-3, septembre 2005. Anna Doblinsky, une jeune diplômée d'un IUFM, rejoint son premier poste au collège Pierre-de-Ronsard à Certigny. HLM, zone industrielle, trafics de drogue, bagarres entre bandes rivales et influence grandissante des salafistes, le décor n'est pas joyeux. Dès le premier jour, Anna est brutalement rappelée à sa judéité par des élèves mus par un antisémitisme banal et ordinaire. Lakdar Abdane, un jeune beur particulièrement doué, ne demanderait, lui, pas mieux que d'étudier, mais n'y arrive pas depuis qu'il a perdu l'usage d'une main. Tout serait-il écrit ? Certes non, mais une fois enclenchées, il est des dynamiques qui ne s'arrêtent pas aisément. Et la mort est au bout. Commencé bien avant les émeutes des banlieues et le meurtre d'Ilan Halimi, ce roman dit des territoires que la République se doit de reprendre au plus vite à la barbarie.


seanwight  le 19 Août 2009 à 12:24  

Je trouve le livre de Jonquet très juste. Il parle très bien du monde des profs de Collège et le nom Pierre de Ronsard est excellent...
Le film que décrit Jonquet est insupportable et produit une banalisation du meurtre. Il est inspiré d'un film montrant comment des juifs tuent un non juif avec la bénédiction d'un "tribunal talmudique" et diffusé par les médias islamiques extrémistes. En tout cas la vérité est sur le terrain et là Jonquet à mille fois raison. Un professeur s'appelant Alexandre Blum, Bloch, Schwob ou Cahen a intérêt à ne pas dire qu'il est juif en Zep...alors qu'un autre qui s'appelle Yassine Hachim pourra dire qu'il est musulmant pratiquant. Cet antisémitisme primaire existe dans certaines écoles, dans certains collèges ou lycées. N'ayons pas peur des mots qui dénoncent ce qu'il y a de plus abject. Je n'ai JAMAIS entendu d'élèves faire de commentaires sur un prénom et un nom d'origine arabe.
CS

pytchoun6  le 21 Mars 2009 à 10:28  

Rien de carricatural dans ce livre, ou si peu. . .
Mais qui connait vraiment cette triste réalité des quartiers ghettos où se cotoient, selon les banlieues tous les enfants de ceux qui dans leur misère natale ont cru dans l'Eldorado français, où d'un autre pays riche d'Europe!
Et j'te jure sur le coran m'dame que c'est vrai!. . . sans culture, même pas l'arabe littéraire en partage, seulement un dialecte d'une région. . . avec parfois, pour certains la haine au coeur, la haine du "blanc", du "souchien" qui lui impose des règles de vie dont il ne veut pas, qui le coupe tellement de sa culture d'origine, parfois archaïque, la culture moyen-ageuse qui marie des gamines de 13 ans, au bled, pendant les vacances d'été, celle des filles qui "choisissent librement" le voile (et la lapidation , ou l'acide sulfurique aussi ? ) celle des futurs petits caïds qui se font déja de la tune à 8/9 ans, rien qu'en faissant le getteur, dans la rue, pendant que les grands dealent de la came, demandez donc à Abd Al Malik si c'est de la carricature tout ça . . .
Et qui c'est qui s'est insurgé l'été 2007 quand Sarko a renforcé ces ghettos en mettant fin aux secteurs de la carte scolaire ? Qui ?
Mais qui s'en préoccupe vraiment, de ces jeunes perdus au fond de leurs ghettos, laissés en pature à "la Loi du plus fort" ? ? ?
Alors c'est trop facile de ne pas savoir, de ne pas connaître, et de faire comme si c'était exagéré ce qu'a écrit Jonquet!
En plus, si vous avez vu, hier soir 21 Mars 2009 le film "la journée de la juppe" qui est passé à la télé, et qui bouscule tellement les clichés qu'il a donné froid dans le dos à ma femme qui est prof de ZEP, tellement elle y a reconnu certains de ses élèves ! mais si elle y reste, en ZEP depuis plus de 15 ans, maintenant, c'est qu'elle les aime quelque part ces gosses, même si elle bataille tous les jours avec eux pour leur faire comprendre la Liberté, la Fraternité, l'Egalité, la République et la laïcité, et l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, elle les aide pour qu'ils s'en sortent pour pas en retrouver des dizaines dans quelques années à la zonzon d'à côté, parce qu'ils auront cru à cette "Loi du plus fort" !
Tiens, demandez donc aux filles de NPNS (ni putes ni soumises) si c'est pas de la réalité tout ça!
Allez, dormez braves gens, fermez les yeux, ne vous prenez pas la tête avec ça, faites comme si ça n'existait pas, mais quand un de ces petits caïds fera sauter la tête d'un CRS avec un fusil à pompe lors d'un prochain feu de voiture dans une cité de banlieue, ne poussez pas des cris d'orffraie en disant "Je savais pas qu'ils pouvaient en arriver là".
Et puis, dernier point, surtout, n'allez pas là-bas si vous êtes, comme ils disent, "feuj", juif, parce que vous comprendrez que "les barbares" existent encore, hélas, et que aujourd'hui encore il y a des lieux de non droit et d'antisémitisme primaire dans notre République, mais que c'est pas à coups de matraques ou de lacrimos ou de "karcher" qu'on va arranger ça!
Allez, bonne nuit à tous!

vicmc (invité)  le 22 Février 2008 à 12:19  

Je trouve les personnages vraiment caricaturaux le message vraiment génant : ici tous les jeunes de banlieues sont des islamistes extrémistes et racistes. Dans tout le roman, pas une fois n'est ne serait-ce qu'évoquée le racisme et la discrimination qui pourrait toucher aussi les maghrébins. Et le jeune qui sombre dans l'islamisme, c'est pas la faute de la société mais juste à pas de chance, à cause d'une erreur médicale. Jonquet oppose ici une famille juive cultivée et modérée à des islamistes haineux et racistes. C'est un peu facile et la démonstration pourrait être la même dans l'autre sens. En plus en sous-texte, on sent qu'il fait un parallèle avec le sort des juifs pendant la seconde guerre mondiale, et je trouve ça assez limite.Bref, j'ai été très déçu par Jonquet.




“  Comme à son habitude Thierry Jonquet est habile et souvent juste dans la ciritique sociale. Mais si le roman fait preuve d'une lucidité parfois flippante, il pêche également par des raccourcis discutables et des personnages  stéréotypés (comme Anna la prof de confession juive) au nom d'une démonstration. Autant Jonquet...
lire la suite de l'extrait