God Save les Françaises de Stephen Clarke



Critique

Note du livre Les tribulations d'un Anglais en France

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Les tribulations d'un Anglais en France



Comment survivre dans la campagne profonde française, au milieu de la famille de sa petite amie frenchy quand on est un pur produit de la perfide Albion? C'est ce que tente d'expliquer le second tome de God save la France (A Year in The Merde en VO), logiquement intitulé God Save les Françaises, de l'auteur britannique exilé en France Stephen Clarke.

Stephen Clarke, journaliste-musicien-éditeur un peu loser sur les bords en Angleterre a traversé la Manche il y a dix ans et a publié à compte d'auteur A year in ze merde - "manuel de survie à l'usage des British chez les Froggies" - qu'il vend sur internet et livre lui-même à domicile. L'ouvrage bénéficie d'un remarquable bouche à oreille et se vend à plusieurs milliers d'exemplaires à Paris avant qu'un éditeur anglais en aquiert les droits. On y suit les aventures de son avatar, Paul West, qui a quitté une confortable situation londonienne pour lancer un salon de thé anglais à Paris, profiter des 35 heures et apprécier la lingerie fine des parisiennes.

Cependant ce beau pays de cocagne qu'est la France se révèle être un terrain hautement hostile à notre englishman. Lourdeurs administratives, débilité linguistique des Français quand il s'agit d'aligner deux mots de la langue de Shakespeare... Les stéréotypes sur la France, positifs comme négatifs, sont passés à la moulinette de la réalité et de l'humour à froid tout britannique de Stephen Clarke.

Amour, choc culturel et bouse de vache

La suite des aventures ethnographiques de Paul West nous plongent dans la profondeur des racines françaises tant terriennes que familiales. Car le héros, pensant passer des vacances sensuelles sous le signe de la Dolce vitta en compagnie de sa sublime petite amie française, se retrouve confronté aux archaïsmes tenaces caractérisant les liens qu'entretiennent les Français à leurs origines patrimoniales. C'est en Corrèze, dans ce qui paraît être une famille de fous, que Paul se voit contraint de participer à la vaine entreprise d'entretien d'une propriété aux limites de la salubrité, par des moyens moyenageux.

Il comprend qu'au contraire des anglo-saxons, habitués à quitter leur sphère familiale pour poursuivre leurs études, les français, indécrottables sédentaires, ne coupent jamais vraiment le cordon avec leur intrusive famille. A l'île de Ré, il découvre que les Anglais sont loin d'avoir inventé le snobisme, tant il faut paraître local sur son vélo pourri, dans ses fringues usées par le sel marin. Il convient aussi de râler contre ce pont qui amène les ploucs sur l'île mais enchante en réalité les continentaux qui peuvent garer leur 4X4 devant leur maison aux volets - de la bonne teinte, please- et dont la valeur a littéralement explosé.

Enfin, après moult épisodes sentimentaux et familiaux dramatiques c'est le retour à Paris, le salon de thé s'apprête à ouvir et il faut affronter l'administration. Après un détour par le libertinage typiquement français et un nervous breakdown caractérisé, Paul, de retour à Londres, doit se rendre à l'évidence : s'il ne supporte pas la France et ses habitants, notre beau pays est son home sweet home et il est devenu Français... malgré lui.

Mélanie Duwat

Le 10 mars 2008

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