Pour « Le Rouge et le Noir », son deuxième roman publié en 1830, Stendhal s’est inspiré d’un fait divers, la condamnation à mort d’un fils d’artisan ayant assassiné sa maîtresse, l’épouse d’un notable.
Il y décrit l’ascension sociale d’un jeune homme dont l’ambition n’a d’égale que la fausseté, ambition qui, par le modèle qu’elle suit (celui de Napoléon Bonaparte), contraint Sorel au mensonge et à la dissimulation.
Si les caractères des personnages de Stendhal sont extrêmement fouillés (en particulier celui des deux maîtresses de Sorel), c’est Sorel lui-même qui est au cœur du roman et de la focalisation du récit. Ses pensées et ses sentiments sont exposés avec une précision d’entomologiste.
Mais Stendhal ne s’arrête pas qu’à ses personnages, et dresse également un tableau très complet de la société française à la veille de la Révolution de 1830, en s’attachant plus particulièrement à la bourgeoisie et à la noblesse, à la province et à Paris, couples antithétiques qu’il oppose de façon évidente dans la structure du roman : la première partie se déroule dans la bourgeoisie provinciale, la seconde dans l’aristocratie parisienne.
Le 24 janvier 2008