Correspondance 1932-1942 de Stefan Zweig



Critique Lecteurs Votre note

Editeur : Grasset  Année : 2008   Genre : correspondance


Lettres et Histoire La critique de flu Les éditions Grasset publient, en même temps qu'une nouvelle inédite ( Le Voyage dans le passé ), le troisième et dernier tome de la Correspondance de Stefan Sweig. Si la période couverte par le recueil (de 1932 à 1942, année où Zweig se suicide à Rio), est peut-être la moins intéressante... | lire la suite


Peu avant de se donner la mort en 1942 avec son épouse Lotte, au Brésil, dernière station de son exil (New York, Londres, Rio), Stefan Zweig écrit en français à son éditeur brésilien Abrahao Koogan : "Mon cher ami, avant tout, j'ai à vous remercier pour toute la bonté que vous m'avez témoignée pendant ma vie et à vous demander pardon pour toutes les peines et les ennuis que je vous cause par ma mort. Vous savez combien j'étais fatigué de la vie depuis que j'avais perdu ma patrie, l'Autriche, ne pouvant plus retrouver ma vraie vie dans mon travail, vivant en nomade et me sentant vieillir plus par les souffrances intérieures que par les années du corps."

Cette correspondance crépusculaire sur fond de tragédie historique couvre les dix dernières années de sa vie, durant lesquelles il écrit de grands livres, où l'Histoire joue un rôle majeur : les biographies de Marie-Antoinette et Marie Stuart, Souvenir d'un Européen, Le Joueur d'échecs, mais aussi Le Monde d'hier, qui constitue en quelque sorte le pendant de cette correspondance : dans ces "mémoires" comme dans ses lettres, l'écrivain exprime son désarroi d'héritier des Lumières tourné avec nostalgie vers un dix-neuvième siècle dont il ne reste rien.

La mélancolie et la souffrance font place peu à peu à un état dépressif chronique. Zweig s'engage contre le nazisme et tâche d'user de sa notoriété et de ses contacts pour venir en aide à ceux qui ne cessent de le solliciter. Résolument humaniste mais farouchement suspicieux envers toute forme d'engagement politique, il ne parvient plus à trouver dans son existence ce qui pourrait lui faire supporter le dégoût, la lassitude et la déception d'un chroniqueur de l'âge d'or de l'Europe. 




“ A Karl Emil Franzos Vienne, le 18 février 1898 Très honorable Monsieur Franzos, Je me permets de vous présenter quelques petits poèmes qui conviendraient peut-être pour Deutsche Dichtung. En outre, me fondant sur votre grande réputation de collectionneur de manuscrits 2, qui rivalisera bientôt avec votre gloire de poète, je me permets...
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