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Après avoir lu et déjà repoussé les avances de son premier roman, le très salué Anthologie des Apparitions, je me retrouve à peu près dans la même situation avec le deuxième roman de Simon Liberati, Nada Exist. Liberati fait partie, d'une certaine façon, d'un mouvement souterrain qu'on peut apparenter à des Nouveaux Hussards, héritiers des Blondin et autres Nimier de l'époque, impertinents (sûrement), sans aucun doute doués pour l'écriture (le livre en témoigne), fringants et désabusés à la fois.
Les Nouveaux Hussards (dont Beigbeder ferait un bon pape dégénéré et light) sont d'anciens aristocrates, venus des terres de droite et qui composent aujourd'hui des romans qui empruntent à l'univers d'Ellis et aux manières de Nourrissier (ou des Goncourt). Cela donne, dans un genre droitier, et lorsque c'est mal fait, des abominations stylistiques comme les

La déambulation de Patrice est tout à fait crédible et ouvre de longues et spirituelles réflexions sur le sexe, la célébrité, la ville, dont le modèle pourrait être une sorte d'Ulysse de la déjante, une descente aux enfers de plus en plus caustique et sarcastique. Patrice fait un sort littéraire à tout ce qu'il touche avec cette majesté et ce cynisme qui caractérisent les possédants ou les ayant-possédés. Le labyrinthe imaginé par Liberati est assez fascinant de noirceur à cet égard et le livre parcouru par une fluidité vénéneuse. On peut donc y trouver son compte à condition de ne pas trouver le tout vain et ennuyeux.
C'est là que la morale réapparaît bien entendu, puisqu'on est aussi en droit de ne pas se sentir concerné par cet univers là, par ces soucis là, par la vulgarité inhérente à cet exercice (sexe, drogue, mode, futilités) et par ce qu'il sous-entend de considérations sur le monde. On peut se sentir en connivence avec un héros perdu et qui semble souffrir ou se mettre contre lui et avoir envie qu'il termine cette histoire au plus vite et nous rende à la réalité du monde.
En ce sens (et cela aura été mon cas), Nada Exist peut faire figure d'antilivre, d'un exercice de forme creux et bâti sur du laid, un tour de passe-passe clinquant qui travaille une matière que d'autres ont déjà malaxé avec plus de talent. Pour quelques éblouissements, combien de hauts le coeur ? Pour quelques perles noires et sourires au coin des lèvres combien de concessions faites à notre goût de lecteur ? Ceux qui pensent qu'on peut parler de tout en littérature ont évidemment raison. On peut parler de tout et faire de... tout un bon livre. Mais on peut aussi choisir, de l'autre côté (celui du lecteur), et sans que cela vaille condamnation, de ne pas pouvoir tout lire et de détester un livre pour ses qualités.
Nada Exist
Simon Liberati
Flammarion
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