En attendant Godot provoqua un tollé général à sa création qui contribua très largement à sa popularité. Beaucoup de spectateurs quittaient la salle, d’autres n’allaient voir la pièce que dans le but de huer les comédiens pendant toute la représentation. Un clivage idiot se fit peu à peu dans l’opinion publique (il subsiste encore partiellement de nos jours) entre d’une part les fervents défenseurs de
En attendant Godot, convaincus d’avoir trouvé le sens profond de cette œuvre à l’absurdité et à la multiplicité interprétative revendiquée par Beckett lui-même, et d’autre part ceux qui s’opposaient farouchement à une telle définition de l’art théâtral.
Le théâtre de
Samuel Beckett est basé sur l’idée d’absurdité de l’existence, qui résume d’une certaine façon « En attendant Godot », la pièce par qui le scandale et la célébrité arrivèrent véritablement.
Samuel Beckett, que l’académisme exaspéra toute sa vie (tant pour la rigidité de ses interprétations que par son pédantisme) et profondément influencé par Joyce dans sa jeunesse, s’opposait à toute lecture univoque de cette pièce, comme du reste de son œuvre. Or c’est justement cette restriction des sens possibles, assortie du scandale soulevé par la représentation de
En attendant Godot, qui fit son succès.
Le 24 janvier 2008