La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. ( Sur Dante ) ”
Fils de colon, Alexis Leger passera son enfance en Guadeloupe où se développera son amour pour la nature. En 1899, sa famille s'installe à Pau. Il fait plus tard des études de droit dans la ville de Bordeaux. Parallèlement à ses débuts en poésie, encouragés par
André Gide,
Jacques Rivière et
Paul Claudel, avec son premier recueil
Eloges (1911), Alexis Leger s'engage dans une carrière diplomatique. Diplomate à Pékin entre 1916 et 1921, il est nommé directeur du cabinet diplomatique d'Aristide Briand en 1924, année de la publication de
Anabase, nouveau recueil signé de son pseudonyme, Saint-John Perse. En 1933, il devient secrétaire général aux Affaires étrangères, et le restera jusqu'en 1940 où il est destitué de sa fonction ainsi que de sa nationalité française par le régime de Vichy. Il s'exile aux Etats-Unis d'où il participera à la résistance.
A la libération, sa citoyenneté lui est restituée, mais il ne reviendra en France qu'à partir de 1957. Trois ans plus tard, il se voit décerner le prix Nobel de littérature.
Malgré l'apparente dichotomie de sa vie, durant laquelle il mena de front une carrière de diplomate et la création d'une œuvre poétique exigeante, Saint-John Perse/Alexis Leger se considérait comme un « poète indivis », tel qu'il exposa dans son discours au banquet de réception de son prix Nobel.