Robert Crumb



Robert Crumb Nationalité : américaine
Naissance : 30 August 1943 à Philadelphie
Age : 66 ans
Métier : Auteur BD
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Né à Philadelphie en Pennsylvanie, Robert Crumb plonge très tôt dans la bande dessinée, entraîné (forcé, même) par son grand frère Charles. Avec le plus jeune Maxon, les trois frères s’échappent ainsi dans un monde imaginaire loin des coups de leur père, ancien marine qui voudrait en faire les durs qu’ils ne sont absolument pas et une mère dépressive.


Comme on a pu le voir dans le film Crumb, le magnifique documentaire de Terry Zwiggof, Charles en grandissant devint un reclus, hanté par des fantasmes homosexuels et pédophiles. Jamais il n’a quitté le domicile parental et il a finit par se donner la mort en 1994. Maxon était dans le film un artiste-mendiant crève la dalle un peu taré. Sans doute en partie grâce au film et à la notoriété de son frère, il serait aujourd’hui un artiste crève la dalle un peu taré mais plus un mendiant.

Un Auteur (relativement) Adapté Socialement

Mieux adapté socialement que ses frères, Robert est tout de même un intello frustré, brimé par ses camarades de classe. Il épouse « la première venue », Dana Morgan et utilise son talent pour le dessin dans une fabrique de cartes de vœux. En 1967 il prend pour la première fois de l’acide avec sa femme et le couple déménage à San Francisco. Crumb commence à se faire un nom dans les milieux underground avec une multitude de BD autopubliées : Zap Comix, Big Ass Comics, Snatch, Mr Natural… Ces délires dessinés sous acide, pleins de sexe, de violence et de critique sociale à double tranchant (à la fois anti-« square » et anti-hippie) deviennent sur un malentendu un emblème de la contre-culture hippie. Crumb lui même avoue n’avoir pas alors eu conscience du côté profondément satirique de son œuvre, trop défoncé qu’il était, mais une chose est sûre : Robert Crumb déteste le rock et les hippies. Il réalise un de ses travaux les plus célèbres à l’époque, la pochette de Cheap Thrills pour Big Brother and The Holding Company, groupe de Janis Joplin, mais il n’a jamais écouté que des vieux 78 tours de blues ou de jazz dont il s’est constitué une collection de classe mondiale au fil des ans.
Crumb profite de sa notoriété à la fin des années 1960 pour donner libre cours à ses pulsions et multiplier les aventures avec de jeunes hippies impressionnables. Il se sépare de Dana Morgan, avec qui il a eu un fils, Jesse.

La Mort de Fritz The Cat

Au cours des années 1970 les BD de Crumb deviennent de plus en plus noires, expérimentales et paranoïaques. Les drogues montrent leur côté sombre, Crumb rencontre des problèmes financiers et supporte de moins en moins les hippies et leur amour. Son personnage Fritz The Cat (Fritz le chat) est le héros d’un film à succès qu’il déteste, Dana Morgan aurait cédé les droits sans son accord. Crumb se vengera en tuant Fritz dans une de ses BD. Les titres se multiplient : XYZ, Black & White, Artistic Comics


Il fait la rencontre à San Francisco d’Aline Kominsky, auteur de comics autobiographique qui le pousseront dans la même voix. Il dessine notamment avec elle la série « Dirty Laundry Comics ». Il abandonne les drogues et il épouse Kominsky en 1978. Ils ont une fille Sophie en 1981. Petit à petit, entre (et parfois dans) ses BD les plus délirantes, Crumb se met en scène, un misanthrope amoureux d’une vieille Amérique fantasmée, à sa place ni dans la culture ni dans la « contre-culture » moderne. Il a conscience du racisme et de la misogynie de ses fantasmes, en est mortifié mais refuse toujours de se censurer. Il crée ou participe à Arcade, Snoid et Despair entre autres publications.

 

Crumb, Auteur Respecté

Dans les années 1980, Crumb contribue régulièrement au magazine Weirdo qu’il a fondé comme une contrepartie « bas du front » au très respectable Raw d’Art Spiegelman et Françoise Mouly. La mutation amorcée dans les années 1970 est consommée, les fantaisies infantiles, masturbatoires et de mauvais goût sont maintenant inséparables d’un contexte, celui de Crumb, auteur respecté (mais toujours pas respectable), mythe vivant de la BD alternative. Au début des années 1990, dégoûtés des USA, Aline et Robert déménagent avec leur fille dans le Sud de la France où ils ont acquis une maison en échange de six carnets de croquis de Crumb.

Robert Crumb peut maintenant vivre confortablement grâce à la reconnaissance des milieux artistiques. Ses originaux s’échangent à prix d’or, de grand musées se constituent des collections « Crumb » et il dessine régulièrement des couvertures et des illustrations intérieures pour le New Yorker. La soixantaine bien entamée, il travaillerait actuellement à son premier travail de longue haleine, une adaptation de la Genèse en BD..

Actu : tandis que paraissaient simultanément Mes problèmes avec les femmes (chez Cornéluis, en français) et ses Sex Obsessions (chez Taschen, en anglais), Flu vous propose une plongée dans la fantasmagorie sexuelle et graphique de Robert Crumb. Lire la chronique de ses Sex Obsessions.

Photos de Robert Crumb





Personnalités associées à Robert Crumb

Personnalités Similaires Neil Gaiman, Daniel Clowes, Art Spiegelman, Dave Sim, Frank Miller, Gilbert Hernandez, Jaime Hernandez, Will Eisner
Inspirations Joe Matt, Chester Brown, Matt Konture
Collaborations Ralph Bakshi

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