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Présent à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2009, Riad Sattouf a sans doute produit avec ses Beaux gosses le teen movie le plus drôle et le plus juste du cinéma français. Et si on avait enfin trouvé notre Judd Apatow ?
« Etre ado, une dramaturgie en soi »
Riad Sattouf : Moi, je les trouve beaux ! Le titre a deux sens. D'un côté, l'expression « beau gosse » est employée énormément par les jeunes pour définir une sorte d'idéal, le moment où ils sont au top. Mais c'est aussi au sens littéral : ces « beaux gosses » sont de beaux enfants. En fait, ça semble du second degré quand on voit l'affiche, mais je voudrais qu'à la fin du film on se dise qu'en effet, ce sont de beaux enfants.
Que pensez-vous des films de Judd Apatow ?
Pendant le tournage, un technicien m'a prêté le film d'Apatow, SuperGrave, en me disant « Regarde, ça ressemble un peu à ton film ». Moi je ne trouve pas cela si proche... mais ce que j'adore dans ce film là, c'est le point de vue. Car lui aussi se met à la hauteur des ados, et regarde le monde à travers les ados. Or, j'ai l'impression que souvent, on prend les ados comme des créatures un peu bizarres, on les regarde de haut. L'intrigue de mon film est hyper mince, parce que le fait d'être ado est pour moi une dramaturgie énorme. Le seul fait d'être dans cet état est vraiment suffisant sur le plan dramatique. Je pense qu'on retrouve ça dans Supergrave.
Dans le film, les enfants mangent tout le temps des bananes, pourquoi ?

Ce n'est pas une allusion sexuelle ?
Oui, le côté avoir de la banane... Mais en fait, c'est interdit dans les collèges d'avoir un distributeur de fruits. Ça en fait presque un film de science fiction ! En voyant le film, on peut imaginer qu'ils ont installé à grand frais un distributeur de fruits pour bien s'occuper des enfants, mais qu'ils ont un problème de fournisseur, et il ne reste que des bananes, donc ils ne mangent que de bananes à longueur de temps...(rires) C'est pour rappeler le côté animal des gamins.
Les deux héros du film vous ressemblent-ils ?
Oui, j'aurais pu être copain avec eux à l'époque ! Mais j'étais vachement moins entreprenant, beaucoup plus timide et inhibé. Si j'avais raconté ma vie dans le film, ça n'aurait pas été très intéressant. Ça aurait donné de longs plans en noir et blanc sur un mec qui ne bouge pas... remarque, ça aurait pu être marrant !
Comment va la comédie française actuelle ?
... Avec mon film, elle se porte très très bien !
Propos recueillis à Cannes par Eric Vernay (photos Marc Buchy)
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