La cellulite c'est comme la mafia, ça n'existe pas de Pulsatilla



Critique

Note du livre Que Dieu te pénis

Lecteurs

Votre note

Que Dieu te pénis



Nouveau phénomène de la Chick Lit, le "non-roman" de Pusatilla a fait un carton en Italie. Les jeunes française vont-elles être séduites à leur tour par La cellulite c'est comme la mafia, ça n'existe pas ? Attention, en matière de complaisance et d'absurde frivolité, c'est du lourd. Si le nouvel opium des filles, c'est ça, on n'est pas encore entré dans la lutte...

 

Pulsatilla. Derrière ce nom énigmatique, emprunté à une plante pour une raison débile, se cache la responsable de la toute nouvelle arnaque visant les trentenaires branchées en manque de repères, ou juste en mal de lecture (ce qui revient parfois au même). Avec un titre aussi naze, {La cellulite c'est comme la mafia, ça n'existe pas (en VO La Ballata delle prugne secche, "La ballade de la prune sèche"), on n'en espérait pas beaucoup plus.

Le pacte est annoncé assez clairement dans la préface : Pulsatilla va nous raconter sa vie, qu'il faudra la lire attentivement, avec toutes les insupportables digressions que cela implique. En échange, elle va nous faire rire. Comme la couverture (par ailleurs vraiment moche) présente une jeune femme souriante à l'air plutôt sympathique, et qu'on est bon joueur, on accepte. On accepte et on endure. Passés quelques chapitres, au moment où pointe la vingt-cinquième raison de penser qu'une fois de plus, le texte n'est pas à la hauteur de son succès, on regrette.

Le premier hic, c'est que la vie de Pulsatilla n'a rien de passionnant. Il faut qu'elle nous raconte comment elle est sortie du ventre de sa mère ; ses premières poupées cassées ; les parties de touche-pipi avec ses petites copines ; la fierté de ses premières règles, la bave de ses premières pelles, le dégoût de la première pipe. Là où certains ont reconnu un génie Pulsatilla, on ne trouve qu'un assemblage de mots vulgaires pour raconter la plus affligeante des banalités : de la provocation verbeuse, racoleuse, et qui malheureusement, dans le paysage éditorial actuel, peut largement servir à compenser un terrible manque de substance intellectuelle.

La "verve Pulsatilla" : hystérique et vulgaire

Dans un flot de classifications aussi plates que longues qu'inutiles, décidément rien ne nous est épargné : classification de la culotte ({neuves, semi-neuves, vieilles, immettables}), classification des culs ({cul en béton, cul bas, cul en saillie, gros cul, cul plat, en gelée...}etc), classifications des bites ({standard, circoncise, allongée, trapue, colorée...}etc). Le génie peut-il consister à retranscrire des réflexions évoquant celle que font les gamines de quinze ans, et encore seulement quand elles s'ennuient ferme au fond de la classe ?

Et puisqu'on est arrivé dans une nouvelle ère, où les filles, comme les hommes, ont le droit de coucher autant qu'elles veulent, jugeons l'ouvrage de Pulsatilla non pas comme un "roman de femme" mais comme un roman tout court. Verdict : c'est creux, cliché, vulgaire, fatigant de vulgarité, misandre, de surcroît. Il n'y a que deux raisons qui puissent expliquer un tel acharnement sur les mecs : ou l'auteure ne digère pas qu'ils écrivent des meilleurs bouquins qu'elle, ou les siens ne l'ont pas fait jouïr (ce qui est largement suggéré dans son livre).

Pulsatilla aime préciser que son ouvrage est un non-roman. Pour quiconque entretient quelques exigences envers la littérature, ce sera un non tout court.

Céline Le 06 mai 2008