Le roi vient quand il veut : Propos sur la littérature de Pierre Michon



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Editeur : Albin Michel  Année : 2007   Genre : entretiens


Le roi Michon La critique de Benjamin Berton | lire la suite


Parmi les entretiens que j'ai donnés depuis 1984, j'en ai réuni trente. On y trouvera le jeu de masques que ce genre exige, des contrevérités peut-être, de l'incongru, des traits de mauvaise foi, mais sûrement aussi quelques vérités, pas toutes involontaires. Et puis, relisant ces propos, je me dis qu'à défaut de la vérité introuvable, on y trouve enlacés les souvenirs et les lectures qui m'ont constitué : le panthéon aztèque et la chasse à Dieu dans Moby Dick, " le petit roman de trente pages " de Lautréamont et le rasoir d'un théologien anglais, une écoute enfantine de Salammbô qui est ma scène primitive, des lieux et des noms. Melville et Faulkner, Beckett y voyagent parmi des toponymes limousins. Mes morts bavards, Flaubert, Rimbaud et Villon, Giono et Borges, Hugo y fréquentent des prolétaires morts sans discours. J'ajoute que, si j'ai peu touché aux entretiens que j'avais donnés par écrit, j'ai retouché librement ceux qui, enregistrés, avaient été récrits par mes interlocuteurs. Que ceux-ci ne me tiennent pas rigueur de cette réappropriation.



“ « Il me semble qu'un écrivain (du moins en Occident depuis quelques siècles) est d'abord contemporain d'un état du monde qui l'écrase, d'un état des lettres au service de ce monde, toutes choses qu'il réprouve pour de nobles raisons objectives ou de plus pauvres raisons relevant de son histoire personnelle ; mais il est...
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