Arkansas de Pierre Mérot



Critique

Note du livre L'écrivain gourou

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L'écrivain gourou



Pierre Mérot avait été remarqué il y a quelques années avec Mammifères, qui lui avait valut le Prix de Flore en 2003. Pour la rentrée littéraire 2008, il publie un nouveau roman, Arkansas, semi-biographie qui met en scène l'écrivain Houellebecq, ici appelé Kurtz et devenu un gourou aux obscures pratiques.
Cette chronique est proposée par un lecteur dans le cadre de la rentrée des lecteurs
 
Troublantes ressemblances
 
Kurtz, de son vrai nom François Court, véritable légende vivante, se retire en Espagne où il crée une communauté dénommée "Arkansas". Kurtz est un écrivain majeur qui fait parler de lui, les journalistes lui consacrent de nombreux papiers qui le rendent célèbre, un peu à la façon d'un Gainsbourg, dont les frasques attirent autant l'attention que ses compositions. Traum, un autre écrivain, n'est d'ailleurs pas insensible au succès de son homologue, d'autant que les deux hommes se connaissent, bien qu'ils ne se soient pas vus depuis de nombreuses années. C'est d'ailleurs par l'intermédiaire de ce que Traum raconte sur cet homme à son secrétaire particulier que nous découvrons Kurtz, dont le portrait est peu flatteur.

Il semble que ces deux hommes ont eu des rapports ambigus, mélange de fascination et de répulsion. Mais la description qui est faite de Kurtz par Traum, avec "sa façon compliquée de tenir une cigarette", son "crâne dégarni", et bien que cela ne soit jamais dit clairement dans le roman, ressemble étrangement à un autre phénomène vivant : Michel Houellebecq. Une description qui se veut objective mais n'épargne pas l'écrivain : "Sa propre légende lui a sans doute tourné la tête. Plus on l'a adulé, plus il a méprisé et haï".

Exil sans exaltation

Kurtz s'est donc retiré sur Arkansas, sorte de ranch abandonné, baptisé ainsi par l'auteur. Surface désertique, où le retrouvent les fans qu'il a sélectionnés. Cette communauté fait penser à une secte et le comportement de ses membres a laissé la lectrice que je suis perplexe.

Ce roman est ambitieux et fait suite au génial Mammifères de Pierre Mérot, prix de Flore 2003, et à L'Irréaliste dont l'accueil fut plus mitigé. J'avoue ne pas avoir été convaincue par Arkansas. Certes l'idée de départ est intéressante : une biographie romancée d'un écrivain, une longue confession qui fait le portrait d'un homme aux nombreux points communs avec son biographe. Mais ce portrait ne me semble pas d'un grand intérêt. Je suis donc restée sur ma faim de cet Arkansas qui était pourtant très prometteur.

De rares moments exaltants sont vite interrompus par des longueurs ou des récits qui ne me paraissent pas pertinents. En refermant le livre je m'interroge sur le message qu'a voulu faire passer l'auteur et le sens à donner à ce roman. Certes, Pierre Mérot montre un réel talent d'écriture mais reste un roman à l'univers glauque, trop fouillis à mon goût. Bref, une tentative avortée ou à côté de laquelle je suis passée !

Sophie Winter 

Le 13 juillet 2008
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