Serial loser de Pierre Hanot



Critique

Note du livre Serial Loser : Un GROS éclat de rire !

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Serial Loser : Un GROS éclat de rire !



N'avez-vous jamais rêvé de régler vos comptes avec le gratin de la chanson française ? Enfin, "la croûte" plutôt... Allez, avouez, un soir de folie devant la télé, vous ne vous êtes jamais surpris à espérer que Vanessa Paradis glisse sur le sol brillant et se pète le col du fémur ? A son âge, ça doit être fatal ! (Comment ça elle n'a pas quarante ans ? Impossible !) Que Gilbert Bécaud se prenne le couvercle du piano sur la gueule, celui-ci lui écrasant irrémédiablement la trachée ? Le coup fatal ! (mais il est mort Max... Non ? C'est pas vrai ?! Pourtant j'ai l'impression de le voir toutes les semaines à la télévision !) N'avez-vous jamais méchamment jubilé en imaginant Patrick Sébastien s'étouffant avec son petit bonhomme en mousse, ou Renaud ratant une marche et se faisant plein de "Bobos" ? Si c'est le cas, précipiter vous sur Serial loser de Pierre Hanot, troisième "Polar Rock" de la collection de Sergueï Dounovetz aux éditions Mare Nostrum.

 

Un bon polar rock

 

Avec cette nouvelle parution, enfin distribuée nationalement, le jeune éditeur Catalan va certainement faire parler de lui. Totalement anti-politiquement correct, hilarant et, il faut bien l'avouer, salement jouissif, Serial Loser raconte comment un "gros chanteur" désireux de connaître le succès, alors qu'il est injustement ignoré (une question de taille sans doute), élimine les uns après les autres tous ses concurrents. L'occasion pour l'écrivain Pierre Hanot, également romancier, plasticien, guitariste, auteur, compositeur (déjà 5 albums à son actif) de nous brosser une galerie de portraits sans concession de ceux qui font et défont (pour notre plus grand malheur) l'actualité musical de notre beau pays.

 

Des personnages haut en couleur

 

Du chanteur souffreteux, découvert grâce à une émission de télé réalité, au baroudeur culturiste de plateaux TV, en passant par la diva et son mari philosophe, le rappeur mollasson et le caillera hystérique, sans oublier la libertine maso et bien d'autres, soyez en sûr, vous reconnaîtrez ses cibles. Et avec quel plaisir vous assisterez à ce que notre héros (oui, il le devient forcément) considère comme de l'élimination rétroactive, préventive, prophylactique et dégressive. Comprenez-le aussi, il est gros, mais rien de catastrophique, "enveloppé" dirait Obelix. Et hormis ce qu'il considère comme un délit de faciesse, notre artiste a un "gros" talent, il se sent incompris. C'est donc méthodiquement qu'il va pratiquer l'assainissement de la chanson française.

Servit par une truculence sans nom et un style oscillant entre le poétique et le gore, l'humour noir et l'adage populaire, Serial Loser est certainement à ce jour le meilleur polar rock de la collection. Une peinture sans concession des travers de la chanson française, son incurable manque de goût, ses manies, ses secrets mal gardés et sa folie (des grandeurs) qui n'épargne ni le lecteur, ni notre société.

Maxence Grugier

Le 24 janvier 2008