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Un jour de mai 1897, Mallarmé invite Paul Valéry, chez lui rue de Rome, à entendre son grand œuvre Le Coup de dès. Et celui-ci, déployé, aérien, navigue de grands mots en petites assertions là, où « il n’y a de lieu que le lieu » et où jamais la pensée n’abolit le hasard. Plus tard, au printemps 2008, Pierre Bisiou, dans son premier roman parle de son amour et de comment l’aimer, du comment de l’aimée, du moment de l’aimer. Du quand qui dure. Il y déploie au long de 156 pages, la géographie amoureuse des corps et du corps de son ouvrage, il y met du corps et sa queue. Partout.
Sa douce Isabelle qui n’y est pas en reste le lui rend bien : d’une humidité lacustre, d’un allant sans pareil, d’une volonté de trou(v)er dans les figures du plaisir, la distance et l’éloignement, le rapprochement et son impossible à figurer dans la durée. Alors ils convolent et circonvolutionnent, corps de chat et discours matois, car on parle autant qu’on pense et qu’on s’enfile, se défile, se lie, se délie, sans jamais se déliter. Trois fois l’amour. La nuit. Et en pluie, le plaisir et, en fuite, les moments qui passent, se vivent et s’oublient.
Dîner de tête et dîner de con (ou comment manger des sushis !). Sur les : couette, table, salle de bains, WC - pour ne pas s’oublier, se laver, se livrer … Aisance du plaisir et plaisir dans l’aisance et ses lieux. Ecrit au présent du récit et de l’action, de son moment aussi propice que prépuce. De baisers en béances, d’absolue sincérité maquillée au frisson de l’entente, on y croise l’absolution de la passion et la physique quantique, la vie dans les plis. Big bang au noir, dans ce trou où, passé le sphincter, rien n’a plus de limite, et Mallarmé encore : « …la perdition dans ces parages, du vague, en quoi toute réalité se dissout… » La vie circule, la vie fuit. Ici tout vit. Enculée : chapeau !
J.P Simard
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