Au Paradis de Candide de Paul Melki



Critique

Note du livre Candide dans le métro

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Candide dans le métro



Dans son nouveau roman, qu'il publie pour la rentrée littéraire, Paul Melki s'amuse à transposer le célèbre personnage de Voltaire à notre époque. Au paradis de Candide décrypte donc la société actuelle, avec autant de justesse et d'ironie que l'a fait le grand écrivain des Lumières à son époque.
Cette chronique est proposée dans le cadre de la rentrée des lecteurs

Vous pensiez tout connaître des aventures de Candide, le célèbre héros de Voltaire ? Erreur ! La preuve avec l’étonnant Au paradis de Candide, fruit de la découverte par hasard d’un manuscrit à l’Académie française, dont l’auteur pourrait être Voltaire lui-même.

Projeté au cœur du XXIème siècle après avoir été assommé par une jarre alors qu’il prenait du repos à l’auberge La Parresseuse au milieu du siècle des Lumières, le Candide de Melki se retrouve en plein Paris moderne, part à la recherche de sa bien-aimée, Cunégonde, et se retrouve confronté à des obstacles multiples (tenue vestimentaire, langue, moyens de transport, comportement, architecture etc.). Toujours aussi pétri de naïveté et d’optimisme, il va de nouveau devoir affronter le mensonge, la jalousie et la cupidité des hommes, parfois même de la part de ses anciens amis (Pangloss, Martin, Cacambo) avant de rencontrer Sélim, « rebeu » avec qui il se lie d’amitié. Ces deux hommes que tout oppose vont alors vivre ensemble l’exclusion, la pauvreté, l’incompréhension et partager des idéaux d’un monde meilleur, débarrassé de préjugés, de racisme et d’injustice.

Candide porte un regard neuf sur notre société, et malgré l’enchaînement de ses mésaventures, il tente de rester fidèle à la doctrine de son maître, Pangloss : « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles ». Le pire lui paraît ainsi le meilleur. Pour échapper à ses malheurs, il se tourne également vers les 36 stratagèmes du Traité chinois de l’art de la guerre, qu’il s’obstine à appliquer au mot, avec plus ou moins de succès, notamment le 36ème : « La fuite n’est pas une défaite ».

Au terme de ses infortunes, le doute s’installe dans l’esprit du jeune héros et le point de vue naïf laisse peu à peu sa place à la désillusion et à d’amers constats, souvent plein de lucidité. Au terme de son cauchemar, Candide s’approche finalement de la pensée pessimiste du philosophe Martin, qui, dans le récit de Voltaire, dénigre la France pour sa folie, ses ruses et sa bêtise.

On retiendra également le style léger et humoristique de Paul Melki, chez qui l’on sent un réel plaisir à manier la langue et l’ironie, pour notre plus grand plaisir.

Paul Melki, Au Paradis de Candide, éditions Calmann-Lévy, août 2008. 

 

Quentin Pillault

 

Le 21 août 2008
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