Paul Eluard, pseudonyme littéraire d'Eugène Grindel est né d’un père comptable et d’une mère couturière. Très bon élève, il va interrompre ses études et être hospitalisé en Suisse pour soigner sa tuberculose. Il rencontre là, celle qu’il appellera Gala dont il tombe amoureux.
Il écrit ses premiers poèmes dès 1912 et publie à compte d’auteur son premier recueil en 1913 sous le nom de Paul-Eugène Grindel. Au début de la guerre de 14, guéri, il est envoyé en première ligne comme infirmier et va être témoin d’hécatombes. Il fait paraître au front un recueil de dix poèmes (polycopié par lui-même à 17 exemplaires ) intitulé
Le Devoir. Il signe Paul Eluard, du nom de sa grand-mère maternelle. Il y exprime une horreur de la guerre qui ne le quittera plus.
En 1917 il épouse Gala qui sera sa première inspiratrice et aura une grande influence sur sa carrière de poète. En 1918 il publie
Les Poèmes pour la paix, recueil remarqué par
Paulhan qui le présente en 1919 à
André Breton,
Louis Aragon et
Philippe Soupault. Eluard contribue, quelques années plus tard, à la création du groupe surréaliste. Il se rapproche un temps du mouvement Dada.
En 1924, à la veille de la publication de
Mourir pour ne pas mourir, dont il annonce que ce sera son dernier livre, il s'embarque sans prévenir à Marseille pour un voyage autour du Monde. Gala et ses amis le croient mort. Ce voyage va durer sept mois ; voyage mystérieux car Eluard n'en parlera pas et ne l'évoquera pas dans son œuvre.
Max Ernst et Gala le rejoignent durant l'été en Asie.
En 1930 Gala le quitte pour Dali. Il rencontre Maria Benz à qui il donne le surnom de Nusch. Il va vivre avec elle, qui sera sa nouvelle muse et compagne, une nouvelle grande histoire d'amour qui va durer jusqu'en 1946.
En 1926 il adhère au Parti communiste (dont il se fera exclure comme les autres surréalistes en 1933). Eluard sera l'un des grands poètes de la Résistance. Il publie, dans la France occupée, de nombreux textes de réconfort et de lutte. Il publiera clandestinement
Poésie et Vérité qui contient le célèbre poème "Liberté" que les avions anglais parachuteront dans les maquis. Eluard revient au parti communiste. Il y restera jusqu'à sa mort. A la Libération, Eluard est fêté par tous.
En novembre 1946, Nusch meurt brutalement d'une hémorragie cérébrale. Cette mort provoque son désespoir, et le fait songer au suicide. Trois ans après, il rencontre Dominique, sa dernière compagne, et l’épouse. Elle lui inspire les magnifiques poèmes d'amour de son dernier recueil :
Le Phénix. Il meurt le 18 novembre 1952, à 57 ans, suite à une crise cardiaque.