Après le progrès de Pascal Chabot




2. Nous voici en pleine liberté

Nous voici en pleine liberté, celle que laisse derrière elle en se retirant l'agitation du relativisme, celle, aussi, propice à de nouvelles constructions. Le Progrès n'existe pas. Mais que sont alors tous ces progrès compossibles qui semblent les vertèbres de l'existence et, parfois, se manifestent avec insistance et en nombre, au point de devenir irréfutables, comme dans cette librairie de Tulle ? Quelle philosophie pourrait témoigner, avec minuscule et au pluriel, de l'importance de ces progrès dans une vie, dans une société ? Et simultanément, quelle philosophie, munie d'une assez solide conception de la compossibilité des progrès, pourrait tenir tête à la mainmise sur cette idée de la civilisation technologique et économique, qui parfois semble se targuer d'avoir inventé le progrès, de l'avoir breveté et d'en exploiter seule le monopole ?