Olivier Postel-Vinay




A l'occasion du lancement du magazine Books, dont Fluctuat est partenaire, son fondateur Olivier Postel-Vinay nous explique son ambition : proposer l'équivalent français de grande revue littéraire comme la New York Review of Books.

Fluctuat : Comment vous est venue l'idée de Books ?

Olivier Postel-Vinay : Mon expérience de rédacteur en chef de Courrier International, puis de La Recherche, plus récemment mon rôle de conseiller auprès de la direction de la revue L'Histoire et du Magazine Littéraire m'ont convaincu de l'existence d'un large public pour un mensuel d'informations générales fondé sur l'analyse des livres parus dans le monde. Ma réflexion a été nourrie par l'absence sur le marché français de magazine du type de la New York Review of Books, de la London Review of Books ou du Times Literary Supplement.

Pouvez-vous définir la ligne éditoriale de Books ? Son engagement ?

L'engagement de Books est culturel au sens fort du terme. Le pari est de faire venir un large public sur un organe de presse exigeant, qui fasse peu de concessions aux modes et aux facilités liées à l'air du temps.

Comment choisissez-vous les articles qui seront traduits ?

La rédaction parisienne de Books maîtrise les principales langues européennes, donc des deux Amériques. Pour les autres langues, nous avons des correspondants. Les articles sont choisis en fonction de la qualité de la pensée et de l'écriture. Nous privilégions les sujets et les points de vue originaux et inattendus. Nous ne nous contentons pas de traduire des articles. Nous les mettons en scène et interviewons des spécialistes pour apporter un regard supplémentaire sur les sujets traités. Le marché des analyses de haut niveau s'appuyant sur des livres est objectivement dominé en qualité et en quantité par des organes de presse anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni, Australie...). Mais il y a aussi beaucoup de publications de bon niveau dans le reste du monde, et des pépites à dénicher un peu partout, y compris sur le Web.

Le monde peut-il donc s'apprendre dans les livres ?

Cela me rappelle la phrase de Rousseau : « Je hais les livres. Ils ne m'apprennent qu'à parler de ce qu'on ne sait pas »... Le livre reste et restera le lieu par excellence de l'analyse et de la réflexion approfondies. Un organe de presse qui s'appuie sur le livre offre sur le monde un regard irremplaçable.

 

Propos recueillis par Céline Ngi.

 

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