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Quel constat a présidé à la création des éditions Gallmeister, spécialisé dans le Nature writing ?
Je ne suis pas sûr qu'il ait eu un véritable « constat » très élaboré. Disons que ma démarche a été la suivante : depuis longtemps, je lisais des livres américains en VO, et j'étais plus particulièrement attiré par cette littérature des grands espaces qu'on ne trouve qu'en Amérique (ceci est en soi un raccourci, car j'adore aussi des auteurs urbains comme Fitzgerald, Philip Roth, Don DeLillo, etc. mais disons que ma préférence va très fortement vers ces auteurs dits « de l'Ouest » : Steinbeck, Hemingway, Harrison, McGuane, Crumley...)
Mon seul constat a été de me dire que « Tiens, ces livres ne sont pas traduits en français. Et puisqu'ils me plaisent, ils plairont peut-être à d'autres. Pourquoi ne pas créer une maison d'édition sur ce sujet ? ». C'était donc une démarche extrêmement réfléchie.
Quel bilan tirez-vous de ces premières années ?
Essentiellement un bilan positif : les livres et la maison ont été très bien accueillis par les libraires, puis la presse, et les lecteurs. Je constate qu'il y a un certain nombre de lecteurs fidèles qui suivent chaque parution de la collection NW. Je crois que les livres ont un certain écho, qui semblerait confirmer qu'il y aurait un attrait général pour ce type de littérature. La maison se porte bien, elle s'installe peu à peu (modestement) dans le paysage éditorial. Pour autant, j'essaie de ne pas m'« encroûter » : la collection AMERICANA (dirigée par Philippe Beyvin) est un nouveau défi d'envergure, car il faut tout reconstruire (une légitimité, un lectorat, etc.). À suivre, donc...
Le Nature Writing est-il spécifique aux Etats-Unis, à cause de la topographie du pays, de son Histoire ? Pourrait-on trouver un équivalent français ?
Oui, je crois que le NW est un genre spécifiquement américain. Et non, je ne vois absolument pas d'équivalent français. Il y a bien sûr des écrivains voyageurs francophones, mais ce n'est pas la même chose : ils écrivent sur des expériences vécues ailleurs, alors que le NW ne s'intéresse pas outre mesure à la dimension voyageuse. Les auteurs de NW décrivent très souvent leur environnement immédiat, leur quotidien : on est donc aux antipodes de la littérature de voyage, même si ces auteurs partagent sans doute une sensibilité commune.
Il n'y a pas d'équivalent français du NW, tout simplement parce qu'il n'y plus de « nature » en France. En France, nous avons la « campagne », mais plus de nature sauvage (sauf peut-être en haute montagne et bien sûr en mer), donc on n'a pas d'écrivains de nature...
Propos recueillis par Fabrice Colin.
Sur Flu :
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