Il n'y a pas de pires ignorants, de pires imbéciles, de pires réactionnaires, par conséquent de plus dangereuses bêtes que ce qu'on appelle les hommes d'esprit ( Su les académies , Le Journal, 12 janvier 1902) ”
Durant tout la première partie de sa vie, Octave Mirbeau fut l'antithèse du romancier et dramaturge à succès, pamphlétaire et engagé qu'il devint par la suite. Il est renvoyé du collège de Jésuites de Vannes où il avait été placé, après y avoir enduré des sévices sexuels. A la suite de la guerre de 1870 à laquelle il prendra part, il s'installe à Paris en 1872. Il devient secrétaire particulier de Dugué de la Fauconnerie, et écrit dans le journal bonapartiste de ce dernier, l'Ordre de Paris. Il passera près de quatorze ans à vendre sa plume, parfois en tant que nègre. A la suite d'une retraite de sept mois à Audierne, il décide de donner enfin un sens à sa vie par l'engagement politique et littéraire. Il devient anarchiste et soutient de toutes ses forces la cause de Dreyfus : il paiera lui-même l'amende de 7525 francs imposée à son ami
Emile Zola pour son article J'accuse… ! Il règle ses comptes avec son passé souvent douloureux dans ses premiers romans, remportant un franc succès qui se confirme avec ses pièces
Les Mauvais Bergers et
Les affaires sont les affaires, créée à la Comédie française au terme d'une âpre lutte.
Il mènera également son combat sur le front artistique en faisant la promotion de
Auguste Rodin, Claude Manet,
Camille Pissarro, en faisant découvrir au grand public Van Gogh,
Camille Claudel, Maillol et Utrillo, ainsi qu'en encourageant, dans le domaine littéraire, Schwob, Bloy ou
Alfred Jarry.
Ravagé par la tragédie du premier conflit mondial, il meurt en 1917, le jour de son anniversaire.