Le dernier frère de Nathacha Appanah




“J'ai revu David hier. J'étais dans mon lit, j'avais l'esprit vide, le corps léger, juste une douce pesanteur là, entre les yeux. Je ne sais pourquoi j'ai tourné la tête vers la porte, David n'avait pas fait de bruit pourtant, non il n'avait pas fait de bruit, ce n'était pas comme avant quand il marchait et courait un peu de guingois, et je m'étonnais toujours que son corps maigre, ses jambes et ses bras longs et fins comme les roseaux qui poussent au bord des rivières, son visage perdu dans ses cheveux doux et aériens telle l'écume des vagues, je m'étonnais toujours que tout ça, cet ensemble de choses petites et douces et inoffensives, fasse autant de bruit sur le sol quand David marchait.