Dans cette œuvre qui reste la plus jouée de
Molière, le dramaturge s’attaque aux faux dévots avec une vigueur qui lui apporta beaucoup de déconvenues : interdiction répétée de la pièce, menace d’excommunication de toute personne qui y assisterait par l’archevêque de Paris. La charge était en effet particulièrement virulente : elle dénonçait une frange de directeur de conscience qui rivalisait d’hypocrisie auprès de la grande bourgeoisie de l’époque en vue de juteux héritages.
Il faudra attendre 1669 pour que la pièce soit autorisée par Louis XIV : le climat politique et religieux est à cette époque bien plus propice aux idées de Molière. La popularité du
Tartuffe se confirmera après la mort de Molière. De façon remarquable, Molière ancre par ailleurs cette œuvre dans son contexte historique : il y dépeint une famille de la haute bourgeoisie, et fait référence à la Fronde, qui ébranla la France dans un passé relativement proche. Preuve du succès de cette pièce que les siècles n’ont fait que confirmer, « Tartuffe » est passé dans la langue française comme substantif, synonyme d’hypocrite.
Le 24 janvier 2008