Bien que beaucoup au XIXème siècle aient considéré cette comédie plaisante comme la preuve qu’il ne fallait pas trop éduquer les femmes, il est à présent de bon ton de considérer que Molière aurait voulu fustiger non pas l’éducation du beau sexe, mais les beaux parleurs idiots et faux susceptibles de profiter d’elles.
Même si cette interprétation, bien dans le ton de notre société, ne soit peut-être pas tout à fait fausse, elle laisse de côté quelques éléments de première importance, à commencer par la misogynie de rigueur au XVIIème siècle. Plus grave, elle occulte des points importants de l’œuvre elle-même, telle que le clivage entre les trois fausses savantes entichées de Tissotin (qui, si elles sont victimes, ne le sont que de leur prétention) et Henriette, qui se vante d’être sans instruction, et reconnaît la fausseté de Trissotin.
Œuvre de son époque, elle ne fut pas la plus fameuse de
Molière (elle ne fut que rarement reprise après sa création le 11 mars 1672.
Les femmes savantes restent cependant une pièce fort distrayante, bien qu’assez surannée au XXIème siècle.
Le 24 janvier 2008