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Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons. ”
Yukio Mishima, de son vrai nom Kimitake Hiraoka, est issu d’une famille paysanne. Les douze premières années de sa vie, il a été élevé par Natsu, sa grand-mère : elle lisait le français, l’allemand, et appréciait le théâtre Kabuki. Pleine de prétentions aristocratiques, elle savait se montrer têtue et violente, et lui interdisait de sortir au soleil ou de jouer avec des garçons.
Très tôt, Mishima s’est intéressé à la littérature et s’est mis à écrire. Son père, marqué par la discipline militaire, qualifiait cet intérêt d' "efféminé", et le surveilla pour l’en empêcher.Par contre, Shizue, sa mère, était toujours la première à lire ses textes et à l’encourager. A douze ans, il fut le plus jeune membre de l'équipe éditoriale de la société de littérature de son école.
Pendant la deuxième guerre mondiale, il échappa à la conscription en faisant croire avec succès qu’il avait la tuberculose, mais en conserva un certain sentiment de culpabilité. Son père, sympathisant nazi, l’obligea à apprendre le droit allemand. En 1947, sorti diplômé de l’université de Tokyo, il refusa une brillante carrière pour se consacrer à l’écriture. Il rencontre Kawabata qui l’encourage. En publiant les Confessions d’un masque, récit autobiographique dans lequel il parle de son homosexualité, Mishima devient célèbre. Il n’a que 24 ans.
Il a par la suite une carrière prolifique, publiant des récits populaires, des nouvelles, des essais, du théâtre, et bien sûr des romans. Parmi les plus connus d’entre eux on peut citer Amours interdites (1951), Le Tumulte des flots (1954), Le Pavillon d'or (1956) ou Après le banquet (1960). De 1965 jusqu’à sa mort en 1970, il rédige l'œuvre qu’il considère comme la plus importante, un cycle de quatre romans intitulé La Mer de la fertilité (Neige de printemps, Chevaux échappés, Le Temple de l'aube, L'Ange en décomposition).
Personnage paradoxal, Yukio Mishima défendra la tradition impériale, ira jusqu’à créer une milice privée pour défendre l’empereur, tentera un vague coup d’état en 1970 qui sera surtout l’occasion pour lui de mettre en scène son suicide, avec le rituel seppuku.
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