Cela fait cinq siècles que l’idée du Moi occupe le terrain, il est temps de bifurquer . ”
Que l’on crie à son sujet au génie ou à l’imposture, Michel Houellebecq est un des écrivains français contemporains les plus discutés. Surnommé « Einstein » par ses camarades de classe, il a passé son enfance avec sa grand-mère paternelle, ses parents s’étant assez vite désintéressés de son existence (dans son roman Les particules élémentaires, il donnera d'ailleurs un portrait peu élogieux de sa mère, qui apparaît comme une hippie dégénérée).
En 1980, Houellebecq sort diplômé de l’école supérieure d’agronomie, et se marie la même année. Il a un enfant, se retrouve au chômage, puis finit par divorcer. Une dépression le conduira à faire quelques séjours en milieu psychiatrique.
Dés l’âge de 20 ans, Houellebecq a fréquenté divers cercles poétiques et a notamment rencontré, en 1985, Michel Bulteau, le directeur de la
Nouvelle Revue de Paris, qui accepte de publier ses poèmes. En 1991, il sort une biographie de
H. P. Lovecraft,
Contre le monde, contre la vie.
Tout en faisant du secrétariat à l’Assemblée Nationale, il écrit
Rester vivant, puis le recueil de poèmes
La Poursuite du bonheur (1992) qui sera récompensé par le prix Tristan Tzara. C’est en 1994 que Houellebecq se fait connaître, avec la publication de son premier roman,
Extension du domaine de la lutte. Le second,
Les particules élémentaires, est traduit dans 25 langues et obtient le prix Novembre. Philippe Sollers, qui fait partie du jury, soutiendra l'écrivain à plusieurs reprises.
Depuis, chaque roman de Houellebecq provoque un véritable déchaînement médiatique, désormais savamment orchestré, par les éditeurs notamment. La solitude, l’absurdité de la vie, la misère sexuelle font partie des thèmes abordés par cet écrivain aux accents nihilistes, qui est passé plusieurs fois à côté du prix Goncourt… pour cause d’excès de polémique ? Par exemple, après la parution de
Plateforme, en 2001, Houellebecq avait tenu au cours d'une interview des propos pour le moins ambigüs au sujet de l'Islam. Il est aussitôt attaqué par de nombreuses associations, comme le MRAP ou la Ligue des Droits de l'homme. Cependant, il ne sera pas condamné, la loi n'interdisant pas de critiquer les doctrines religieuses.
En 2005, l'écrivain reçoit le prix Interallié pour son quatrième roman,
La possibilité d'une île, dans lequel on peut retrouver une certaine sympathie envers le mouvement raëlien, qu'il avait ouvertement affichée. Cette parution a également fait couler beaucoup d'encre en raison du transfert de maison d'édition de Houellebecq, qui a délaissé Flammarion pour Fayard.
Une affaire chassant l'autre, ce fut ensuite au tour d'une rumeur concernant l'adaptation cinématographique de
La Possibilité d'une île par Houellebecq lui-même d'intéresser les médias. D'autres ouvrages de Houellebecq avaient déjà fait l'objet d'adapation, comme
Les Particules élémentaires d'Oskar Roehler.
Finalement plus qu'une rumeur, le
film finit bien par sortir en septembre 2008, comptant notamment parmi ses acteurs
Benoît Magimel et Patrick Bauchau.