Faire de la peinture, ou de la littérature, ce serait donc bien apprendre à mourir, trouver le moyen de ne pas mourir dans la sottise de cette mort que les autres avaient en réserve pour nous et qui ne nous convient nullement. ”
Michel Butor est né à Mons-en-Barœul le 14 septembre 1926. Il écrit de nombreux poèmes pendant son adolescence. Il suit des études de lettres et de philosophie et fréquente le milieu littéraire parisien (surtout les surréalistes). Après avoir enseigné la philosophie, Michel Butor développe une écriture stéréoscopique jouant sur les structures spatiales du texte. Avec
Passage de Milan (1954) puis
L'emploi du temps (1956),
La Modification (1957 - prix Renaudot) et
Degrés (1960), il incarne le renouveau romanesque (avec le courant du nouveau roman). Avec ses textes suivants (
Mobile : étude pour une représentation des États-Unis (1962),
Description de San Marco (1963),
6810000 litres d'eau par seconde (1966)), le lecteur est de plus en plus impliqué et la structure narrative disparaît, on parle alors de "littérature expérimentale" à son sujet. "
Les livres s’accumulent apportant chaque fois la surprise ; essais, récits du jour ou de la nuit, poèmes, nouvelles combinaisons de tout cela, ils font le désespoir des esprits routiniers" (biographie rédigée par Michel Butor). En 2006, les Éditions de la Différence entament la publication des œuvres complètes de Michel Butor en 10 volumes.
Michel Butor est l'une des figures centrales du nouveau roman avec
Alain Robbe-Grillet,
Nathalie Sarraute,
Robert Pinget et quelques autres. Le nouveau roman n'est pas une école mais désigne, à partir des années 50, les écrivains qui étaient publiés aux éditions de Minuit. Ces auteurs désiraient s'écarter de la narration traditionnelle (évènements vraisemblables, étude de la psychologie des personnages…). Michel Butor, pour sa part, a également écrit des essais, de la poésie, des livres d'artistes (plus de 800 livres illustrés), des livres manuscrits (on en compte environ 300).