" En me voyant à la télé tous les quinze jours, les gens peuvent juger sur pièce. J'espère qu'ils se rendent compte que je ne suis ni un monstre ni un génie, mais quelqu'un de normal. "
Elle nous a fait quoi, Mazarine Pingeot, pour que l’on prenne autant de plaisir à la détester ou à ricaner bêtement rien qu’à l’évocation de son fameux prénom ? C’est pourtant une jeune fille plutôt intelligente, normalienne, agrégée de philosophie. C’est une jeune femme qui passe bien à la télévision, où elle chronique chez
Michel Field. C’est aussi une pauvre petite fille avec une fêlure, qui a dû vivre une enfance cachée, avec un papa président qui ne la reconnaît devant notaire qu’à dix ans, et publiquement à vingt ans, un peu forcé, un peu amusé du bon tour qu’il nous a joué toutes ces années. Elle inspirerait presque une sympathie naturelle et spontanée : qui n’a pas été touché lors de l’enterrement de
François Mitterrand, la voyant, digne, et tellement plus glamour que les fils légitimes, aux côtés de
Danielle ?
Alors évidemment, on conçoit que tout ça n’est pas facile à gérer, et que l’enfant du placard a envie de sortir de l’ombre. Ce qui agace, c’est qu’elle semble vouloir tout et son contraire : qu’on lui reconnaisse cette filiation et un statut d’héritière naturelle, voire de gardienne du temple, mais aussi qu’on l’aime pour elle, sans prêter attention à ses origines. Difficile, pourtant, de se pâmer devant ses trois romans, pas vraiment mauvais, mais pas vraiment bons non plus, et qui n’auraient peut-être jamais été publiés si elle n’avait pas été « fille de ». On peut juste constater qu’elle s’améliore avec le temps, et que
Bouche Cousue est moins maladroit et mièvre que
Premier Roman. Peut-être qu’au fond, Mazarine Pingeot a véritablement l’âme d’un écrivain, et qu’elle va se bonifier avec le temps. Peut-être aussi qu’on ne lui laisse pas vraiment sa chance, et qu’on la descend sans ménagement pour des raisons qui n’ont rien à voir avec son écriture.
+ Je découvre Mazarine depuis peu en lisant Bouche cousue.... et intriguée je viens de faire la..
+ Mazarine je ne connais pas physiquement , je ne suis pas francais (je suis nepalais)mais son..
+ Merci Mazarine pour "Le cimetière des poupées" ! Le contexte et les réflexions de la..