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Hollywood, années 1930. Greta Garbo saisie de l'autre côté de l'écran, par un homme qui partagea dix ans de sa vie en compagnon de solitude idéal. Entre ironie mordante, traits d'esprits et désespoir élégant, Maurice Audebert raconte le vertige (et l'ivresse) des âmes penchées au-dessus de leurs propres gouffres.
Sur les hauteurs d'Hollywood, alors que le cinéma balbutie ses premiers mots, dans une improbable Villa refuge aussi vide que tentaculaire, s'est réfugié un mythe qui tente en vain de s'approprier sa propre existence.
A ses côtés le narrateur, qui partagea pendant dix ans, à cette époque à la fois festive et déchirante, la vie réelle de la célébrissime Greta G.
Linguiste viennois aux ambitions amputées par la Première Guerre mondiale, devenu photographe professionnel par inadvertance esthétique et spécialiste en clichés de fesses (très littéralement) par hasard philosophique, cet homme blessé, compagnon de solitude idéal, raconte et tente de saisir, à coups de flashes d'une mémoire élusive, la vérité de celle qui fut la Divine. Une traversée du miroir à double fond, car pour ces Européens en exil volontaire qui découvrent Hollywood et qui bientôt le feront, il ne s'agit pas tant de désenchantement que d'un enchantement qui ne prendra jamais tout à fait. Comme retenus par leur propre lucidité, ces destins pourtant exemplaires, vrais ou inventés, outre Garbo, on croise ici, entre autres, Josef von Sternberg, le pygmalion de Marlène Dietrich, mais aussi la figure irrésistible du trop beau Stepan, nihiliste tchèque magnifique ?, luttent au corps à corps mais la tête (faussement) ailleurs avec la vanité des choses, pendant que chez eux, sur ce vieux continent à peine sorti de ses tranchées et qu'ils n'oublient jamais complètement, gronde déjà la menace de l'engloutissement définitif du siècle.
Avec une élégance séduisante à la Scott Fitzgerald, un savoureux sens du dialogue et de la situation, Maurice Audebert signe un beau texte désespéré et souriant sur le vertige des âmes penchées au-dessus de leurs propres gouffres.
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