La nageuse n’a pas encore repris sa respiration. Le bras est en extension au-dessus de la tête et la tête est presque entièrement plongée sous l’eau. C’est un crawl lent, paresseux, magnifique. Seule la perfection du geste est visée. Il reste tout l’infini du monde à traverser. Qu’importe la vitesse. Sur les épaules qui émergent un peu brillent quelques gouttes d’eau saisies par le soleil, quelques gouttes d’eau dans le bonheur de ce saisissement, quelques gouttes d’eau qu’on dirait rapportées, comme un butin de guerre des eaux obscures.