Dès son premier roman en 1957, le fils d'aubergiste de Wasserburg connaît le succès. Quelques années auparavant, il a obtenu un doctorat de littérature grâce à sa thèse sur
Franz Kafka. A partir de cette date, Martin Walser vivra de sa plume et devient au fil des ans une figure intellectuelle de premier plan en Allemagne.
Comme beaucoup de ses homologues, il soutient la candidature de
Willy Brandt (l'artisan du rapprochement est/ouest) au poste de chancelier dans les années 60. Martin Walser restera longtemps proche du parti communiste sans jamais y adhérer officiellement.
Outre des romans et pièces de théâtre, l'auteur travaillera un temps comme metteur en scène pour la télévision. La rupture avec les intellectuels de son temps - qui l'avaient déjà mis à l'écart - est définitivement consommée le 11 novembre 1998 lorsqu'on lui remet le prix des libraires allemands. Martin Walser prononce un discours dans lequel il explique qu'il est nécessaire de tourner la page d'Auschwitz. Selon lui la litanie des commémorations et les projets de rénovation des camps finit par banaliser l'Holocauste qu'il estime "instrumentalisée". Les critiques pleuvent et nombre d'intellectuels estiment que Walser donne du crédit à toutes les tentatives négationnistes. L'écrivain qui a servi dans la Wehrmacht expliquera avoir été fortement touché par les crimes nazis et n'exprimer qu'une opinion personnelle qu'il refuse de voir instrumentalisée. Il pourfend une écriture qui serait condamnée à être politiquement correct.
Nouvelle polémique en 2002 avec
Mort d'un critique, où il s'attaque par le roman à un prestigieux (mais controversé) critique allemand Marcel Reich-Ranicki, juif rescapé de l'attaque du ghetto de Varsovie. "
Ce roman est une exécution, un règlement de comptes, un document de haine", écrit la prestigieuse Frankfurter Allgemeine Zeitung ou Reich-Ranicki officia.
Der Spiegel publie également une attaque et certains exégètes cherchent dans le livre les traces de l'antisémitisme supposé de Walser alors que certains n'y voient que des clichés antisémites écrits "accidentellement". Le
Suddeustche zeitung, autre gros journal allemand prend alors fait et cause pour Martin Walser, la polémique enfle et est comparable à celle que suscita le passé nazi de
Günter Grass.