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Biographie de Marquise de Sévigné
Marie de Rabutin-Chantal devint la marquise de Sévigné à 18 ans, quand elle épousa Henri de Sévigné, dont elle eut deux enfants. Sept ans après ce mariage, Henri de Sévigné se battit en duel contre le chevalier d'Albret pour sa maîtresse et mourut le surlendemain. La marquise de Sévigné se trouva libre de mener sa vie comme elle l’entendait. Elle fréquenta les salons, en particulier celui du surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet,
Le mariage de sa fille, devenue madame de Grignan, puis son éloignement en province, fut pour la marquise de Sévigné la pire épreuve de sa vie. Le 6 février 1671, la marquise envoya une première lettre pour réduire cet éloignement, et ce fut le début d'une correspondance qui dura jusqu'à sa mort, en 1696.
La marquise de Sévigné utilisa la lettre comme un genre littéraire en soi, avec ses règles et ses codifications. A l’époque, la lettre n’était pas considérée comme une parole privée mais pouvant se partager avec un entourage susceptible d’en apprécier les tournures et les traits d’esprit. On peut de ce point de vue dire que la marquise s’est appuyée sur sa fille pour écrire : ces lettres, au-delà de leur charge affective, engagent des réflexions sur la politique, des caricatures, de petits récits comiques, des commérages ou des considérations philosophiques sur la maladie et la mort... Ces lettres sont autant des reflets de l'esprit baroque et classique que des aperçus sur le quotidien de la cour.
Presque trente ans après sa mort, les lettres de la marquise firent l'objet d'une première édition clandestine, en 1725, qui comprenait 28 lettres ou extraits. Elle fut suivie de deux autres, en 1726. Pauline de Simiane, petite-fille de la marquise, décida alors de faire publier officiellement la correspondance de sa grand-mère. Denis-Marius Perrin, éditeur à Aix-en-Provence, fut chargé de ce travail. Il publia 614 lettres en 1734-1737, puis 772 en 1754. Ces lettres ont été remaniées et choisies : toutes celles touchant de trop près à la famille, ou celles dont le niveau littéraire paraissait médiocre, mises à l’écart. D’autres firent l'objet de réécritures pour suivre le goût du jour.
La question de l'authenticité se pose donc de manière cruciale. Sur les 1120 lettres connues, seules 15 % proviennent des autographes, lesquels ont été presque totalement détruits après usage. Néanmoins, en 1873, un lot de copies manuscrites d'après les autographes couvrant environ la moitié des lettres adressées à Mme de Grignan a été retrouvé chez un antiquaire.
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