Écrire, c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait. ”
De son vrai nom Marguerite Donnadieu, Marguerite Duras est née en 1914 à Gia Dinh près de Saigon. En 1932, elle quitte l'Indochine où elle a passé sa jeunesse pour poursuivre ses études secondaires à Paris. Elle fait des études de mathématiques, de droit, de sciences politiques. Elle épouse Robert Antelme en 1939. Ils vivent à Saint-Germain-des-Prés et se réunissent presque chaque soir avec leurs amis pour discuter littérature et politique (
Edgar Morin,
Georges Bataille,
Maurice Blanchot, Gaston Gallimard…). Marguerite Duras fait alors la connaissance de Dionys Mascolo qui devient son amant. Elle publie son premier roman,
Les Impudents, en 1943 et prend le nom de Duras, un village du Lot-et-Garonne. Elle rejoint la Résistance avec son mari et Dionys, dans le groupe dirigé par
François Mitterrand. À la fin de la guerre, Duras adhère au parti communiste et devient secrétaire de cellule. En 1947, elle divorce de Robert Antelme pour Dionys Mascolo, dont elle aura un fils. C'est en 1950 qu'elle publie
Un barrage contre le Pacifique (récit autobiographique sur ses années en Indochine), qui sera adapté au cinéma par René Clément.
En 1957, elle rencontre
Gérard Jarlot, journaliste et scénariste et se met à boire "déraisonnablement". L'année suivante, elle publie
Moderato Cantabile et écrit le scénario de
Hiroshima mon amour pour
Alain Resnais. Elle ne cesse d'écrire et est déjà un auteur majeur de la littérature contemporaine. Elle commence une série de romans et de films sur l'Inde, dont
Le Vice-Consul et
India Song. Elle connaît des années de dépression, retirée dans sa maison de Neauphle. Son film
Des journées entières dans les arbres reçoit le prix Jean Cocteau. Duras est finalement soignée pour sa dépression mais ajoute l'alcool aux antidépresseurs et finit à l'hôpital. Elle rencontre Yann Lemée, un jeune homme qui lui a écrit plusieurs lettres et qu'elle renomme Yann Andréa. Ensemble, ils écrivent et ils boivent. En 1982, elle finit par suivre une douloureuse cure de désintoxication. Elle obtient le prix Goncourt en 1984 pour
L'amant qui sera traduit dans plus de trente langues. Elle continue à écrire énormément (
La Douleur,
Émily L., …). En 1988, elle est hospitalisée et tombe dans le coma mais elle se remet et écrit de nouveau (
Yann Andrea Steiner). Elle meurt à Paris, le 3 mars 1996.
Les personnages de Duras tentent d'échapper à leur solitude ; ils attendent qu'un évènement vienne changer le cours des choses. Ne parvenant pas à trouver un sens à leur vie, à communiquer avec les autres, ils s’enivrent et se renferment sur eux-mêmes. Si l'œuvre de Duras semble naître d'un processus de répétition, de réécriture d'un livre à l'autre, "
Ce qu’il importe, ce n’est pas de dire, c’est de redire et, dans cette redite, de dire chaque fois encore une première fois." (
Maurice Blanchot).