Les pages du premier volume d'
A la recherche du temps perdu, sont, en quelque sorte, comme les premières pierres, les fondations de la cathédrale que
Marcel Proust bâtit dans son oeuvre principale. On y trouve, bien sûr, le fameux passage de la madeleine : le narrateur, qui tente de se remémorer ses souvenirs, butte sans savoir pourquoi. C'est en retrouvant par l'esprit la saveur de la madeleine trempée dans le thé qu'il trouve le fil d'Ariane et peut le dérouler enfin : il est plus efficace de laisser faire la réminiscence involontaire que de tenter de toutes ses forces de retrouver la mémoire des choses. La quête de soi peut commencer, longue et sinueuse à l'image de la phrase proustienne, qui semble se perdre dans des méandres quand elle est, tout au contraire, d'une construction et d'une précision extrêmes.
Le 24 January 2008