Marcel Proust



Marcel Proust Nationalité : française
Naissance : 10 July 1871 à Paris
Mort le : 18 November 1922

Métiers : écrivain, Essayiste
Le seul véritable voyage n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux.
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Marcel Proust naît à Paris dans une famille bourgeoise et cultivée. Sa vie va être très tôt consacrée à l'écriture. Il écrit des nouvelles, des essais, des poèmes (publication de Les plaisirs et les jours en 1896) et fréquente des salons comme celui de Mme Arman (amie d'Anatole France). Il traduit et commente les ouvrages de l'historien d'art et sociologue britannique John Ruskin. La préface qu'il écrit pour l'un de ces ouvrages contient des thèmes qui se retrouveront dans Du Côté de chez Swann. La mort de son père en 1903 puis celle de sa mère peu de temps après, le bouleversent profondément. En 1908, Proust écrit une série de pastiches (imitant le style de Balzac, Flaubert, Sainte-Beuve…) qui paraissent dans le Figaro. Il se met à travailler à un roman en plusieurs parties, auquel il donne le titre général de À la recherche du temps perdu. La 2e partie de ce roman, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, obtient le prix Goncourt en 1919. Proust va écrire sans relâche jusqu'à sa mort en 1922, emporté par une pneumonie. Marcel Proust révolutionna le roman moderne avec une œuvre magistrale (il y a un avant Proust et un après Proust). Ses romans ne sont pas soutenus par une intrigue romanesque mais par des digressions infinies (et poétiques) sur les émotions de ses personnages, sur la complexité de l'âme, la mémoire affective mais aussi des analyses et des questionnements artistiques et philosophiques. La notion de temps (à la fois temps objectif et temps subjectif) et l'usage qu'il lui fait subir sont particulièrement novateurs.

Marcel Proust : dossiers et critiques

Manuscrit Marcel Proust
En toute bonne foi

Personnalités associées à Marcel Proust

Personnalités Similaires Louis Ferdinand Céline, Edouard Manet, André Gide, Robert Musil
Inspirations Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Gilles Deleuze, Henri Bergson
Collaborations Jacques Rivière

Marcel Proust : vos commentaires

uleski   10 Juillet 2009 à 17:53   

Proust, la négation de l'Homme Moderne ?

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Avoir un style...



Avoir du style...



Qu’est-ce que le style chez un auteur ?



Le style n’a pas grand-chose à voir avec le vocabulaire, la grammaire et la syntaxe. Le style, c’est le point de vue ; c'est le regard ; un auteur qui a un style - mais c'est un pléonasme -, on dira donc… un écrivain qui a un style, c’est un regard sur le monde qui lui est propre ; c’est un angle de vue particulier, un angle d’attaque aussi (pour peu qu’il soit guerrier).







***





Prenons Proust.





Parmi ceux qui lisent - comprenez : ceux qui sont encore capables de consacrer, disons une à deux heures par jour à la lecture -, nombreux sont ceux qui n'ont jamais lu Proust ou qui s'en sont détournés dès les premières pages.



Pourquoi ça ?


Ce qu’ils n’aiment pas chez Proust, ce n’est pas son vocabulaire, sa syntaxe, sa grammaire : c’est son style qu’ils n’aiment pas. Et son style, qu'est-ce au juste ?



Le style de Proust, c'est le choix de ses personnages ; le choix qu’il fait de nous parler d’un tel plutôt que d’un autre ; et plus important encore : ce qu’il en dit







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Le plus grand mérite de Proust, sans aucun doute, c'est d'avoir contribué à réconcilier les humanités avec les sciences sociales : la littérature avec la sociologie.



Mais... reste Proust lui-même. Pourquoi a-t-il fait cette oeuvre-là et pas une autre ?



***



Proust et la fulgurance du passé. Fulgurance du souvenir - celui de l’enfance, de l’adolescence et des premières années de l’âge adulte -, qui vient comme un boomerang terrasser Proust et le clouer au lit.



Que le passé puisse avoir un tel impact sur cet auteur, les lecteurs ne s’en préoccupent guère ; et pourtant, s’ils s’en souciaient un instant, cela les rapprocherait très certainement de Proust car, ils ne pourraient pas ne pas sentir concernés par cette expérience, comme nous tous, lecteurs de Proust ou pas.





Chez Proust, tout est passé, tout appartient au passé : ses personnages aussi - figures du passé de Proust, s’entend. Son présent ne lui sert qu’à se rapprocher du passé. Proust ne disait-il pas : " Un livre est un cimetière" ? Et ce passé, indissociable de sa personne, commence dès son plus jeune âge : à 20 ans, il est déjà dans le passé de ses 10 ans ; à 30, dans celui de ses 20 ans.



Pathologiques cette situation et tous ces souvenirs qui, sans contrôle, viennent envahir sa conscience d'être au présent. Chez Proust, le moindre rappel du passé lui fait l'effet d'un événement capital, d'une importance démesurée : une importance extra-ordinaire ; chez lui, chaque souvenir est un traumatisme en puissance, car son présent et son avenir, ne seront jamais à la hauteur de son passé, puisqu’il ne s’investit pas dans son propre avenir, faute d'en reconnaître la nécessité.





En tant qu’être humain - être humain au sens moderne du terme : s’entreprendre et advenir -, Proust a cessé d’avoir un avenir, très tôt. Pour cette raison, Proust ne peut que se retourner sur lui-même. Et plus il se retourne, plus il souffre, ou bien, plus ses souvenirs le terrassent d’émotion : ce qui revient au même.





Proust est né très vieux dans un monde très jeune. C’est le paradoxe. N’oublions pas que Proust a 29 ans en 1900 ; et ce siècle qui arrive est le siècle d’avenir par excellence, quand on sait ce qu’il adviendra. A l’entrée de ce nouveau siècle qui grandira très très vite, Proust est déjà un homme du passé dans sa manière de conduire son existence, de l’acheminer, en ne donnant… justement, aucune direction à cette existence, sinon une seule : celle qui le renvoie à son passé ; alors que l'avenir est la seule direction envisageable pour un individu de son âge - normalement constitué.



De là à penser que Proust (rentier-boursicoteur) serait la négation même de "l’Homme Moderne" : s’entreprendre, advenir, mettre en échec tous les déterminismes...



D'autre part, on ne manquera pas de noter que l'oeuvre de Proust est le plus souvent une oeuvre-refuge pour ses admirateurs inconditionnels ; un rempart, l'oeuvre de Proust, contre ce monde moderne dont la nécessité historique leur échappe : tout ce qui nous y a conduit et continuera de nous y conduire ; même si l’on se gardera bien de leur demander d’y adhérer.

En effet, comment pourraient-ils, comment pourrait-on, nous tous ?






***





Certes, vivre, c'est accumuler du passé. Etre capable, à tout moment, de convoquer ce passé, c'est prétendre à l'immortalité : adoration perpétuelle de soi jusqu'à l'extase ; grandissement épique de sa propre histoire familiale et sociale avec l'éternité pour leurre et le mensonge comme clé de voûte car, le plus souvent, se souvenir, c'est se mentir...



L’expérience existentielle de Proust - expérience initiatique -, c’est une vérité sur lui-même, et cette vérité le désarçonne, lui fait perdre tous ses moyens et le condamne très tôt, à son insu et tous ses personnages avec lui, à l'immobilisme, l'oisiveté et la mort - et pas seulement à cause d’une santé fragile...



Avec pour seul secours : l’écriture ; et seul recours : le souvenir et l’émotion suscitée par cet exercice épuisant de remémoration qui a tous les accents d’une... auto-commémoration.





Tel est son style.





“La nausée” de Sartre, à côté de cette expérience fulgurante qui frappe Proust de plein fouet et au plus profond, c’est trois fois rien : juste une petite déprime.



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456 (invité)   08 Novembre 2008 à 12:16   

T'as tout à fait raison... Au revoir.

didoui (invité)   22 Octobre 2008 à 15:17   

je suis tout à fait d'accord avec toi!!!!

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