Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline



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Premier roman de Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit fut un véritable coup de pied dans la fourmilière de la littérature française. Acclamé par les uns, sali par les autres, Céline, alors âgé de 38 ans, fit une entrée sur scène pour le moins fracassante. En cause : son style, semblable à aucune autre. Outre l’alternance constante entre un niveau de langage soutenu et un niveau familier, voire grossier, c’est surtout le fait que le narrateur lui-même, personnage principal, fait usage du niveau familier qui choqua les consciences, et plus précisément les tenants d’une « correction » littéraire.

Avec ce véritable rocher dans la mare, Céline manque de peu le prix Goncourt, mais remporte le prix Renaudot. C’est le début d’une carrière qui, bien que marquée par la tâche indélébile de ses Bagatelles pour un massacre, pamphlet antisémite réédité plusieurs fois sous l’occupation nazie et best-seller à l’époque, ne fit que confirmer le génie d’un des plus grands stylistes du XXème siècle.

Voyage au bout de la nuit, même s’il ne s’agit pas d’une autobiographie, est très largement basée sur l’existence de Céline lui-même. A l’instar de Bardamu, Céline participa à la Première guerre mondiale, et en conçut un tel dégoût qu’il devait rester jusqu’à la fin de ses jours un pacifiste convaincu, opposé à toute forme de patriotisme ou d’idéalisme. Pareillement, Céline était lui-même docteur de formation, et s’était fait une spécialité de soigner les indigents et les plus pauvres.

Le 24 janvier 2008