Mort à crédit de Louis Ferdinand Céline



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Enthousiasmé par le succès retentissant de son premier roman, Voyage au bout de la nuit, Céline s’empresse d’en écrire un second. Directement inspiré de sa propre vie (même si on ne peut considérer en aucun cas qu’il s’agit d’une autobiographie, même romancée), Mort à crédit était censé se constituer de trois parties : « Enfance – Guerre – Londres ». En définitive, le roman sera entièrement consacré à l’enfance du narrateur et personnage principal.
Dans Mort à crédit, la recherche stylistique de Céline atteint un nouveau sommet. Il dépouille sa langue de toute formulation convenue (par exemple les aphorismes, dont on trouve un certain nombre dans son premier roman) et fait entendre ce qu’il appela lui-même sa « petite musique », à savoir le rythme particulier de son style, caractérisé, entre autres effets, par la succession de phrases courtes ou nominales, voire de simples mots séparés d’un point d’exclamation et de points de suspension. Si Voyage au bout de la nuit marquait l’entrée de Céline sur la scène littéraire, Mort à crédit représente son accession au sommet du talent littéraire.
C’est probablement ce radicalisme stylistique qui valut à « Mort à crédit » un engouement quasi-nul, comparé au succès flamboyant de son premier ouvrage.
C’est à la suite du revers commercial de Mort à crédit que Céline et son éditeur Denoël, surfant allégrement sur la vague de l’antisémitisme, éditeront dès 1937 le pamphlet Bagatelles pour un massacre, véritable best-seller, avant - comme pendant - la Deuxième guerre mondiale.
Le 24 janvier 2008