| . | Entretien avec Hannah Tinti |
| . | Entretien avec Simon Liberati |
| . | Entretien avec Colson Whitehead |
| . | Entretien avec Andrew Sean Greer |
| . | Entretien vidéo avec Marie Ndiaye |
| . | Les interviews Livres |
| . | Entretien avec les traducteurs de Dan Brown |
| . | Les Belles étrangères |
| . | Top des livres apocalyptiques |
| . | Berlin selon Jean-Yves Cendrey |
| . | Les écrivains à la télévision |
| . | Articles Livres |



Pavillon des âmes tristes
A l'aide de courts chapitres parfaitement ciselés, le texte expose d'abord la solitude de ses trois personnages (le Docteur, sa femme et leur fils) pour ensuite l'investir de tendresse et d'onirisme. Un parfum fantastique flotte sur le pavillon de banlieue qui loge nos héros, notamment à travers les drôles de blagues animalières que raconte Chouki, gamin farceur dont l'audace distille au fil des pages une douce foi en l'enfance.
Pourtant, l'humour et la mélancolie laissent parfois place à une tonalité tragique. Au détour d'un chapitre, il est soudain question des ravages suscités par les MST (« petite bête qui démange de l'intérieur») ; la gravité pointe également son nez lors d'un passage/pamphlet contre les hôpitaux psychiatriques, accusés d'anéantir toute la richesse sensitive de leurs patients.
Cette coexistence de différents tons illustre à merveille le propos du roman, qui converge tout entier vers l'éloge de l'harmonie sociale et de la liberté à disposer de son propre corps.
L'imagination au pouvoir
Prise dans ce glissement entre gracieuses envolées du rêve et redescentes vers la férocité du quotidien, la langue peut s'engouffrer dans un espace fertile. Entre le « yéti inséré dans la vie professionnelle», les « petites cervelles bien peignées » ou les « grippes à la jambe », le langage fait surgir des images vaguement inquiétantes, mais qui parviennent toujours à égayer le récit et à relancer l'émouvante destinée sentimentale des personnages.
Après avoir exploré avec un même brio Venezuela et bois de Vincennes, Le Docteur Rippenblatt et ses charmantes conséquences finit par dévoiler son programme fictionnel. « Les gens (...) ne voient pas que les chansons, les poèmes et toutes les histoires ne sont que des prétextes. Le vrai texte il faut l'écrire soi-même », écrit Keyvan Sayar. L'objectif de ce roman pétri d'imagination serait ainsi d'inviter le lecteur à faire quotidiennement preuve d'audace et d'altruisme. L'auteur affirme par là sa foi dans le parcours initiatique de ses héros et son goût pour les éternelles lueurs de l'enfance, chargées d'éclairer tant bien que mal l'esprit des peuples.
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z