Joyce Carol Oates



Joyce Carol Oates Surnom : Rosamond Smith, Lauren Kelly
Nationalité : américaine
Naissance : 16 June 1938 à Lockport (État de New York)
Age : 71 ans
Métiers : écrivain, Poétesse
Le sens de la vie consiste à s'immerger dans la beauté. Pas nécessairement à la créer.
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Dans le cadre de la rentrée 2009, les éditions Philippe Rey publient deux romans de la très prolifique Joyce Carol Oates : Fille noire, fille blanche, et Vallée de la mort. L'occasion de revenir sur la vie et l'oeuvre de cette grande dame des lettres américaines.
 
« Sans l'élan du roman qui la guide (ou la domine), ma vie est une affaire simple, nette... une série d'événements... si facile à gérer », écrit Joyce Carol Oates dans son journal en février 1978. La parenthèse change tout ; écrire n'est pas un choix, mais un impératif, pour celle qui depuis 40 ans imprime sa trace dans le paysage littéraire américain, au rythme de récits, de poèmes et d'essais. Cela depuis son bureau de Princeton, dans le New Jersey.

Joyce Carol Oates a grandi à Millersport, dans l'Etat de New-York, où elle est née en 1938, dans une famille de la « working-class » américaine. Elle fut la première de sa famille à terminer le cursus scolaire, puis intégra l'université de Syracuse. Petite, Joyce Carol Oates a été marquée par les Alice de Lewis Carroll, qu'elle cite invariablement comme références : « Mon inclination pour l'irrévérencieux et l'absurde a été soit inspirée par Carroll, soit confirmée par lui ». Parmi ses livres de chevet d'adolescente, les sœurs Brontë et Hemingway côtoient Faulkner et Dostoïevski.

Prolifique et tranquille

Les chiffres suffisent : JCO a publié aux Etats-Unis 56 romans, 32 recueils de nouvelles, 8 de poésie, sans compter les essais, les critiques et son journal, tenu depuis 1973, dont une partie est parue en 2008 (John Updike, ami de JCO (en photo avec elle ci-dessous), désacralise cette prolificité: "Si on considère l'écriture sérieusement, comme une activité ordinaire, et non pas comme la recherche épuisante du bonheur, des drogues, de l'alcool et de la célébrité, on écrit en quantité impressionnante au cours d'une vie. Nous (JCO et moi) sommes des écrivains cols-bleus".

Depuis l'adolescence, les crises de tachycardie ont contraint JCO à un mode de vie calme, qui limite les excès. Joyce Carol Oates ne boit pas d'alcool mais beaucoup de thé, se nourrit frugalement, et aux soirées enfumées de New York, elle préfère les promenades avec Ray et les déjeuners paisibles avec ses collègues enseignants. Il n'y a pas grand-chose à retenir de son parcours. Après ses études, elle enseigne un temps au Texas, à Detroit, puis au Canada à partir de 1968, pour s'installer durablement à Princeton en 1978, où elle enseigne encore aujourd'hui la littérature et le « creative writing », spécificité américaine. En 1961, elle épouse Ray Smith, professeur de littérature et directeur de la Ontario Review ; le mariage, sans enfants, est heureux. Dans son journal, JCO insiste à de nombreuses reprises sur la chance que représente un bonheur en couple si parfait.

L'américaine

Préférer la course à pied aux manifestations politiques - qui ne manquent pas, dans les Etats-Unis des années 70 et 80 - n'empêche pas Joyce Carol Oates de parler de son pays en long et en large dans ses livres, à tel point qu'elle est considérée comme l'une des grandes plumes de l'Amérique contemporaine. Elle reçoit le National Book Award en 1970 pour Eux (Them), son premier grand succès. L'écrivain a 32 ans lorsqu'elle publie cette fresque sociale, qui raconte la pauvreté américaine depuis la Dépression des années 30, jusqu'aux années 60. Que ce soit par les yeux d'un individu à la destinée exceptionnelle, comme dans Blonde, biographie romancée de Marilyn Monroe, ou d'une famille au malheur ordinaire, comme dans Nous étions les Mulvaney, c'est l'Amérique, toujours, qui est décrite.

Fille noire, fille blanche, son dernier roman paru en français, en fournit à nouveau la preuve : Joyce Carol Oates reste une analyste très fine des problématiques sociales américaines. Cette fois, elle traite de la question du racisme et de l'impossibilité de s'extirper des préjugés dans lesquels on a grandi. Le titre est trompeur ; Fille noire, fille blanche, n'est pas un roman d'adolescence qui dicte la tolérance et l'acceptation de la différence, mais une réflexion complexe sur l'obstacle des regards et, en parallèle, sur l'héritage générationnel - la narratrice est fille d'un ex-hippie rattrapé par un crime commis dans son passé de militant. Les personnages centraux, deux étudiantes, sont présentés uniquement à travers le prisme de ces deux thématiques, et on doit s'en contenter, car c'est l'objet déclaré du livre. Fille noire, fille blanche frôle le documentaire par son style dépouillé, à la limite la froideur

La raconteuse d'histoires

Le décalage amuse entre une dame au corps frêle qui boit du thé toute la journée, et les personnages dont elle accouche. Chez JCO, le tragique s'incarne tour à tour dans la banalité et dans l'extraordinaire des destinées. A l'évidence, l'écrivain ne tire pas son inspiration de ses expériences ; elle reconnaît que les personnages lui viennent mystérieusement, grandissent en elle jusqu'à ce qu'elle les laisse se développer sur le papier. L'imagination au pouvoir.
Autant qu'elle s'en souvienne, JCO a toujours inventé des histoires, d'abord par le dessin, toute petite. Dans ses entretiens, dans son journal, comme dans son approche de l'enseignement (« j'encourage les étudiants à écrire dans des voix totalement différentes des leurs », explique-t-elle), une place centrale est accordée à l'imagination. Ses romans naissent avec des personnages - le cadre est un personnage à part entière, dit-elle -, à la différence des poèmes pour lesquels un rythme ou une forme sans mots peuvent suffire. Tant de personnages et tant de voix ne se réduisent pas à ce qu'on qualifierait de « ton Joyce Carol Oates ». D'un roman à l'autre, JCO multiplie les plumes. Au risque de s'éparpiller ? Fille noire, fille blanche est l'exemple type du travail littéraire irréprochable, mais qui ne fera pas date, tandis qu'aucune des 1000 pages de Blonde ne s'oublie. John Updike ressent comme "un soupçon de hâte dans son écriture, qui l'empêche peut-être de procurer le genre de délice que certains écrivains savent donner".

 

Le piano, la peinture, et bien sûr la littérature et la poésie : Joyce Carol Oates croit en l'art, allant jusqu'à considérer que « Le sens de la vie consiste à s'immerger dans la beauté. Pas nécessairement à la créer. Mais à la rechercher, l'étudier, l'apprendre (si possible) de l'intérieur (...) Rechercher, étudier, s'immerger dans, s'entourer de beauté ; être conscient de sa dépendance envers ceux qui la créent ou qui, comme les interprètes, la recréent. Très peu compte en dehors de cela. » (Journal, mars 1978).

Personnalités associées à Joyce Carol Oates

Inspirations James Joyce, Lewis Carroll
Collaborations Dave Eggers
Amis/Famille Philip Roth, John Updike , Jonathan Safran Foer

Joyce Carol Oates : vos commentaires

Tipote (invité)   27 Mars 2008 à 15:36   

Tout à fait d'accord! Cette écrivaine est excellente! son univers noir, romantique, torturé, j'adore! Il faut tout lire d'elle...

antigone (invité)   07 Janvier 2008 à 11:57   

je viens de découvrir cet immense écrivain ; un écrivain pour la vie ! c'est géant ! cela me rend "heureuse" ...

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