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Dans Girls, les femmes sont divisées en deux catégories : il y a les créatures qui ont un haut potentiel destructeur et sexuel et les vraies femmes qui sont souvent moins attirantes mais aussi plus sages. Votre femme idéale est-elle l'union de ces deux moitiés ? Joshua : Le thème principal de Girls est en fait l'opposition du réel et de la fantaisie. On ne cherchait pas nécessairement à dire que les vraies femmes étaient moins attirantes que les créatures. Elles devaient juste être plus... réalistes que les filles extraterrestres qui incarnaient une version pervertie du fantasme stéréotypé et masculin sur les femmes : à poil, bombastique, limite parfaite, muette et toujours prête à faire l'amour dans toutes les positions.
Et pourquoi est-ce que ces filles hypersexys naissent d'un spermatozoïde géant et pas d'un ovule géant ?
Joshua : La grande question ! Hé bien, dans ma façon un peu tordue de raisonner, la première raison c'est que je ne voulais pas que les filles de l'espace naissent dans un ovule parce que les humains en viennent. Et ces créatures sont clairement tout sauf des humains. La deuxième raison, c'est parce que l'ovule est la gamète femelle et la principale cellule reproductive. Dans la mesure où les Girls sont une sorte de fantasme masculin ultime, je voulais que les filles proviennent d'une gamète masculine. Voilà pourquoi elles sortent d'un spermato géant.
Vos récits abondent de références en tous genres. Où puisez-vous votre inspiration en réalité et surtout comment choisissez-vous de vous lancer sur un projet qui va vous occupier pendant 2 ou 3 ans ? 
Girls était tellement nouveau et inspiré que beaucoup de vos fans craignaient que vous ne puissiez pas faire mieux. Avec The Sword, vous avez opté finalement pour un projet plutôt classique, moins surprenant sur le papier...
Joshua : Je pense qu'ils n'ont pas tout à fait tort. Avec The Sword, nous n'avons pas pour objectif de révolutionner le genre mythologique. On veut juste injecter notre sensibilité dans le genre et y ajouter quelques coups tordus et rebondissements que vous découvrirez au fil des épisodes.
Jonathan : En fait, on n'essaie de ne pas trop raisonner en fonction de ce qu'on a fait avant ou de ce que les gens sont susceptibles d'en penser. Si le projet nous plaît, s'il nous passionne carrément et si on pense tout de même qu'il apportera de l'émotion et du plaisir aux gens et bien... on se lance.
Vous écrivez des histoires de superpouvoirs mais pas de manière classique. Dara Brighton est une handicapée. Les Ultra sont aussi des fashion victims. Vous aimez jouer avec les codes ? Etes-vous content de ce que vous avez fait chez Marvel de Spider-woman qui, par nature, est un personnage plus verrouillé ?
Joshua : Nous écrivons en fait plus que des histoires de superhéros, l'histoire de gens avec des super-pouvoirs. Et d'une façon qui nous amuse et nous intéresse.
Jonathan : Je suis très satisfait de mon travail sur Spider-Woman. Mon seul regret, c'est de ne pas avoir eu assez de temps pour travailler dessus, parce que je travaillais toujours sur Girls en même temps. Je faisais deux numéros chaque mois, et ça a été l'une des périodes les plus éprouvantes de ma vie.
On ne retrouve pas dans The Sword pas la charge érotique présente dans Girls et Ultra. Vous en aviez marre de dessiner des super nanas en petite tenue ? Est-ce que The Sword nous réserve des surprises sensuelles un peu plus tard ?
Jonathan : Si Girls a une forte composante érotique, c'est parce que l'histoire la rendait nécessaire. The Sword n'a rien de sexuel du tout. Cela n'aurait aucun sens de le rendre sexuel, et cela ferait même pire et dissiperait le message global. Et puis, donner à tous nos comics une même tonalité érotique équivaudrait à en faire un procédé et serait ennuyeux.
Comment vous est venue l'idée de The Sword ? D'où vient cette légende crétoise d'où est tirée l'intrigue ? Est-ce qu'elle repose sur une vrai mythologie ou est-ce une invention ? 
Diriez-vous qu'il est facile de travailler entre frères ? Avez-vous parfois parfois des querelles autour de votre travail ?
Jonathan : La plupart du temps, ça se passe très bien mais bien sûr, il y a des fois où nous avons des divergences. On respecte le travail de l'autre. S'il n'y avait pas ce respect, le résultat s'en ressentirait. En fait, ça ne pourrait pas marcher sans ça. Ce qui est le plus important, c'est que nous faisons preuve entre nous d'une grande franchise. S'il y a un problème, on n'hésite pas à en parler. Avoir un retour franc et honnête sur ce que chacun fait est indispensable pour tirer l'oeuvre vers le haut. On prend aussi l'avis de nos amis. On n'oublie jamais d'ailleurs de les mentionner dans les remerciements à la fin de nos livres. Ils sont peu nombreux mais essentiels à notre fonctionnement.

Propos recueillis par Benjamin Berton
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