Il n'y a pas de classement de l'univers qui ne soit arbitraire et conjectural. La raison en est très simple : nous ne savons pas quelle chose est l'univers. ”
Né à Buenos Aires, Jorge Luis Borges sera élevé en Europe où il va émigrer avec sa famille. Pendant la Première Guerre mondiale, il vit à Genève puis en Italie et en Espagne. C'est là, en 1919, qu'il participe au mouvement ultraïste (mouvement poétique influencé par le cubisme). Il retourne en Argentine en 1921 et participe à la création de plusieurs revues. Il commence à publier des essais, des traductions (Faulkner, Kafka), ses premiers poèmes, et devient une personnalité incontournable des lettres dans son pays. En 1935 est publiée l
'Histoire universelle de l'infamie qui le fait connaître comme prosateur. Borges écrit alors des contes (il joue sur la signification espagnole de contar, narrer, raconter et compter).
Il écrit également sous le pseudonyme de Bustos Domecq en collaboration avec son ami
Adolfo Bioy Casares. Son père meurt en 1938, année où Borges, qui se blesse à la tête, devient presque aveugle. En 1944 sont publiées les nouvelles fantastiques
Fictions pour lesquelles il reçoit le prix de la Société Argentine des Écrivains et qui lui apportent la gloire. Le début de sa reconnaissance internationale arrive en 1961 en recevant le prix Formentor avec
Samuel Beckett. Roger Callois est un de ses grands admirateurs français. Il commence alors à être traduit à travers le monde. À partir de 1975 (mort de sa mère) Borges voyagera constamment dans le monde entier jusqu'à sa mort.
La notion de temps est primordiale dans l'écriture de Borges, à la fois procédé d'écriture et présence des mythes anciens. Pour cette conception idéaliste du temps, le temps est la pensée, le monde le déroulement de la pensée. Il s'agit aussi d'une conception du temps comme labyrinthe (plusieurs combinaisons existent pour chaque évènement).