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Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressé à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y-a-t-il une logique qui préside à ces existences ?
Tout Jonathan Coe est là : virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti.
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hfytr
le 09 Mars 2009 à 14:55
J'ai terminé hier "La pluie avant qu'elle tombe". C'est un roman plein de "clefs", à mon avis peu visibles pour qui n'est pas un peu spécialiste de la littérature anglaise de l'entre-deux -guerres, surtout féminine. Car il se veut entre autres un pastiche des romans -et du style?- de Rosamond Lehmann (l'héroine et narratrice principale se nomme d'ailleurs Rosamond, premier clin d'oeil, celui-là bien visible), dont le chef d'oeuvre est pour moi "Poussière" ("Dusty answer" en anglais). Cet(te) auteur(e) est aujourd'hui à peu près oubliée, comme ses contemporaines Margaret Kennedy, ou Mary Webb. C'est assez normal: tous leurs livres sont maintenant épuisés, et bien que sensibles et talentueuses, elles n'ont pas l'universalité ou la modernité de Virginia Woolf et du groupe de Bloomsbury, par exemple, qui en est contemporain (ni même de EM Forster, qui leur ressemble davantage). Je reviens à J Coe: son roman m'a inspiré un mélange de grand plaisir et d'exaspération: oui, dans l'inspiration, la forme et la construction, c'est très "lehmannien" Et là, je retrouve ce plaisir profond de la "sensation" qui me semble la caractéristique de cette littérature (plus que le "sentiment", plus français. Cela a culminé dans le chapitre qui évoque "Gone to earth", le film de Michael Powell, tiré du livre eponyme de Mary Webb ("la Renarde", en français), film et livre quasiment actuellement introuvables ailleurs que dans les bibliothèques publiques. Car mon exaspération simultanée vient du fait que le livre de Coe n'est finalement pas très bon (infiniment moins que ceux de son/ses modèle/s): il me semble même qu'il n'a pas vraiment compris les romancières qu'il pastiche: ici, il croit suggérer, il assène: des explications, des jugements qui se veulent insidieux, et qui sont en fait sommaires, lourdingues et mesquins. Et puis, surtout, il y manque cette vibration "vaporeuse" qui faisait tout le charme, toute l'ambigüité de cette littérature, et qui nous rendait les personnages à la fois proches et lointains... Et ce qui me désole, c'est que ce livre d'une lecture facile et agréable va sans doute plaire, comme le très médiocre "Alabama song" (prix Goncourt de l'an dernier, soliloque imaginaire et assez minable de Zelda sur Scott et leur couple) a enthousiasmé des jeunes lecteurs/trices qui n'avaient jamais lu Fitzgerald, et qui croient désormais le connaitre sans l'avoir lu davantage. Et cela me fait souffrir, quelque part, comme un mauvais ersatz de ce que j'ai aimé et voulu transmettre; un combat perdu?... |
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lodelamuire
le 01 Février 2009 à 15:15
J'avais lu, avec bonheur, le "Testament à l'anglaise" de Jonathan Coe ; l'envie de le relire, la beauté du titre aussi, m'ont convaincue d'acheter "la pluie, avant qu'elle tombe". Les critiques ont presque unanimement salué la "virtuosité" de ce livre "poignant" ; j'ose à peine écrire que j'ai été déçue. Certes, Coe est un bon écrivain, ses personnages sont dessinés avec finesse, mais la succession des photos, dont la description structure le récit, m'est apparue comme un "exercice de style" auquel je n'ai pas accroché. Peut-être les nombreux "écrans" entre les personnages et nous (à l'intérieur de la narration-cadre, une narratrice désormais décédée revient sur ses souvenirs à l'aide de vielles photos) m'ont-ils éloignée de ces personnages... En tout cas, mes yeux sont restés secs aux moments censés être pathétiques. Si d'autres que moi ont réagi différemment (c'est certain), je serai curieuse et heureuse de lire leurs réactions. |
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