Jeffrey Eugenides est un auteur américain.
Il naît en 1960 à Detroit et grandit dans sa banlieue riche, Grosse Pointe.
Licencié de Brown en 1983, il obtient ensuite un master d'écriture créative à Stanford. Ses premières publications sont des nouvelles dans le New Yorker ou The Paris Review, dès 1988. Mais, il n'explose qu'en 1993 avec son fameux
Virgin suicides (
Les Vierges suicidées), adapté pour le cinéma par
Sofia Coppola en 1999. Eugenides y explore la thématique de la perte de l'innocence, dans une optique littéraire fidèle à celle des postmodernes américains : en mélangeant l'histoire des individus et celle du pays. Le roman est une exploration de la fragilité des adolescents, mais aussi de celle de l'Amérique d'après l'euphorie post-Seconde Guerre mondiale, avec une contrainte formelle forte et le décor désormais classique de la banlieue tranquille dont le vernis craque, laissant poindre le désarroi.
Puis plus rien. Eugenides ne fait plus parler de lui pendant presque dix ans. Et en 2002 paraît
Middlesex, qui reçoit le prix Pulitzer. Encore plus postmoderne que son premier roman,
Middlesex est un live complexe, aux multiples niveaux de construction. Les textes de
Michel Foucault sur l'hermaphrodisme, la structure de la saga familiale, l'immigration américaine, les classiques de la littérature avec en point de départ les
Métamorphoses d'
Ovide, la découverte (ici double pour cause d'hermaphrodisme) de la sexualité, le déterminisme, l'histoire du XXe siècle, concourent à un texte foisonnant. Ou tout du moins qui se veut comme tel. Si l'ambition est grande et saluée par beaucoup, certains accusent des facilités stylistiques et estiment qu'Eugenides, à trop vouloir rester sur une voie médiane et peu dérangeante, échoue à donner un véritable souffle à son roman.
Ecrivain de la famille et de ses secrets, Eugenides est parmi les auteurs
mainstream les plus célèbres, devant beaucoup de son succès au film de Sofia Coppola.
Très discret sur sa vie privée, il vit aujourd'hui à Berlin, avec sa femme et sa fille.